Pourquoi les Français ne savent pas parler anglais ?

Posted by Helran | Posted in Coup de Gueule, Mon univers | Posted on 12-09-2008

166

En ce moment on est en pleine rentrée des classes, primaire, collège, lycée, fac et j’en passe. Les débats actuels sont sur la suppression des postes, le niveau des élèves et leur nombre d’heure de cours… mais s’il y a bien une chose qui m’énerve et dont personne ne parle (en fait tout m’énerve dans ce domaine) ce sont les cours d’anglais. Oui alors dit comme ça, vous vous demandez sûrement, mais où est ce qu’elle veut en venir. En gros, après « Pourquoi si peu de communication scientifiques-néophytes ? voici « Pourquoi les Français ne savent pas parler anglais ? »
Bon vous savez sûrement, qu’on a une réputation à l’étranger d’être les plus mauvais en langue et pour cause j’ai le malheur de vous annoncez que cela est bien vrai.

J’en avais déjà des soupçons avant, mais cela c’est bien confirmé suite à l’accueil des Erasmus. C’est très simple et facile à voir,  vous prenez une table autour de laquelle vous mettez une finlandaise, un turc, une italienne, un espagnol, deux allemandes et des français, puis vous les écoutez parler. Constat alarmant, hormis le fait que les français parlent entre eux, les étrangers parlent et discutent sans problème en anglais, aucune hésitation avec un très bon anglais et certain sans accent. Vous écoutez les français et la c’est catastrophique. A niveau scolaire égale (sous entendus, nombre d’années d’anglais appris), la plus part prennent trois plombent pour retrouver leur mot, font des phrases simples ou déstructurées, parlent lentement et ont du mal à comprendre les autres, évidement j’en fais partie et pourtant je ne suis pas la plus mal logée.

Après avoir discuté sur le pourquoi du comment du « les français ne savent pas parler anglais », on en est venue à plusieurs points allant de l’enseignement de l’anglais au culte de la traduction quasi typiquement français :

  • Traduction systématique des séries TV et film : LE gros défaut de la France : son culte de la traduction, outre le faite que généralement il est mal fait et que le mouvement des lèvres n’est pas en coordination avec la voix, la France (on est pas les seuls, mais il n’y en a pas beaucoup d’autre) aime traduire tout en français, un culte de l’égo peut être ? ou ne voulant pas affirmer que nous vivons dans un monde mondialisé ou l’anglais domine, oui il n’y a pas que la France et le Français. Conclusion dès le plus jeune age, le français (ou personne résidant en France) baigne d’en un monde télévisuel-cinématique entièrement francophone. En quoi cela interfère dans l’apprentissage de l’anglais ? Réponse de la finlandaise : Je n’ai jamais eu besoin d’apprendre hardament (ça se dit ?), par cœur l’anglais, vu que rien n’est traduit, uniquement sous-titrés. Je vous passerez des détails neuroscientifiques, sur l’apprentissage de la langue et que jusqu’à 3 ans (environ) on est apte à apprendre plusieurs langues facilement, mais que l’immersion dans une seule fait qu’on ne développe pas cette aptitude et donc après ils est plus difficile d’apprendre une langue et plus rébarbatif (apprendre par cœur). Vous aurez compris mon point de vue la dessus, c’est un gros problème cette traduction, mais je ne pense pas que cela soit prêt de changer.
  • Apprentissage de l’anglais tardif : Je vous passerais encore une fois les détails neuroscientifiques, mais nous apprenons l’anglais tardivement, généralement à partir du collège, donc à l’age de 11 ans (si je ne me trompe pas). Cela est bien trop tard, pourquoi ne pas commencer plus tôt, dès le primaire. Bon alors certain d’entre vous vont bondir en hurlant blasphème, horreur et damnation sur notre pauvre bambin (j’en ai pas) qui ont déjà un emploi du temps chargé à la primaire. Quoi qu’il en soit, l’anglais est bien plus important qu’on le croit et au vu des flux de population, les technologies où les termes sont en anglais, etc., il est préférable de s’y mettre sérieusement.
  • Qualité d’apprentissage : Je ne remet pas en cause les profs, mais n’empêche que parlais français durant toutes l’heure pour dire que trois phrase en anglais, c’est pas un peu contre productif ? Surtout qu’avant la fac ou  plutôt ma 3ème année de fac, on ne m’a jamais demandé de parler anglais en cours. Si Si, je vous assure, aucun oral, pas besoin de parler. Encore une fois, dans le genre super productif… je ne crois pas qu’on puisse faire mieux. Du coup, il ne faut pas s’étonner si le Français parle anglais (pour le peu qu’il sait) avec un accent horrible et incompréhensible. Je ne parle même pas du nombre d’heure de cours hebdomadaire d’anglais qui est dérisoire.

En conclusion, je n’ai jamais autant appris par moi même l’anglais, en 1 ans, que mes 7 ans d’anglais scolaires. Merci Dr House :)

Pour finir, certes tout le monde ne se reconnaîtra pas dans ces 3 points, mais je pense qu’en général, la France a un vrai problème concernant sa politique d’enseignement des langues étrangères. Je ne sais pas à quoi c’est dû, une des hypothèse, lancer lors d’une de ses fameuses discutions sur notre niveau d’anglais, est par « égocentrisme français » car depuis que le français, jadis, fût la langue parlais au conseil de l’Europe (d’après une français, mais je ne sais pas de quand cela date), la France a pris la grosse tête pensant qu’il ne sert à rien d’apprendre une autre langue.

Évidemment c’est une théorie que l’on m’a dite, il doit y en avoir d’autre, n’hésitez pas a donner votre avis. Mais je pense sérieusement, qu’il faut faire quelque chose sur ce point, car on a un sérieux problème à se niveau là.

Helran

Article au hasard

166 Responses

  1. Staban dit :

    Les Français ne sont pas aussi mauvais que l’on veut bien le dire. D’ailleurs, il y a en France bien plus de bilingues que l’on ne pense. A titre d’exemple, mon père (maintenant assez âgé) parle couramment le français et … le breton.
    Je suis tout à fait d’accord avec la remarque de Jorgos, la diversité de leurs origines fait que de nombreux Français connaissent bien autre chose que le français.

    Le fond du problème est que, pour évaluer la faculté d’une personne à parler une langue étrangère, l’anglais sera systématiquement choisi comme référence.
    Nos amis anglophones, peu doués pour les langues étrangères, ont su imposer leur langue maternelle comme référence. Même si par la force des choses (essentiellement des raisons professionnelles), j’ai été amené à devoir parler un anglais à peu près correct, je ne vois pas pourquoi il faudrait céder à cette dictature linguistique.

    Ken ar c’hentañ tro.

    Staban

  2. luptidej dit :

    Je reviens pour ajouter mon dernier grain de sel et confirmer comme le dit Henri Masson plus haut :
    « on oublie, d’une part, que le français est une langue latine alors que les Suédois, Néerlandais ou Allemands parlent des langues germaniques ».
    ça explique, (sans l’excuser), la difficulté que rencontre les wallons à apprendre le néerlandais (la motivation doit être maximum pour pallier cet handicap de départ)…c’est encore trop souvent le cauchemar de nombreux étudiants.
    Les vrais bilingues sont ceux qui ont des parents « mixtes » et parlent à leurs enfants dès le début dans leur langue maternelle respective, ils peuvent de la sorte « former » leur cerveau très tôt à toutes ces différences imperceptibles passé un certain âge.

  3. Lunem dit :

    Entièrement d’accord avec l’article :) J’ai énormément de mal avec le doublage français en général. Ce n’est pas le pire en revanche, je suis déjà tombée sur des chaines étrangères où un seul type double tous les personnages y compris les femmes, par dessus les voix d’origine :D Niveau immersion c’est top! :)
    Les américains font pire que nous cela dit: quand un film étranger à arrive à passer leurs frontières, le doublage ne suffit pas, il faut refaire totalement le film %)

    Sinon je me souviens quand j’ai commencé à apprendre l’anglais en 6e, j’avais un niveau catastrophique. Ce n’est qu’en découvrant les films en VO que j’ai aimé apprendre l’anglais…

    Effectivement on devrait apprendre d’autres langues beaucoup plus tôt (pas forcément l’anglais, mais c’est tout de même ce qui servira le plus par la suite), certaines méthodes d’apprentissage le recommandent dès la maternelle! Ça n’a rien d’une torture pour les tout-petits, il semblerait même que ce soit nettement plus facile pour eux, surtout si c’est présenté de façon ludique…

  4. Helran dit :

    Pourquoi jusqu’a 3 ans on apprends plus facilement O_o ? –> On apprend pas une langue maternelle, elle émerge et les zones du cerveau ne sont pas les même en ce qui concerne l’émergence d’une langue maternel et l’apprentissage d’une langue durant l’adolescence par exemple.

    - En ce qui concerne la perception de la langue et de leur origine. Je vais prendre le cas de la finlande. Le finnois est une langue finno-ugrienne. C’est une langue ouralienne si on remonte un peu plus loin. Donc aucun rapport avec les langues européens. En finnois tout s’écrit comme ca se prononce, il faut même prononcé les doubles voyelles et doubles consonnes, sinon vous dite un truc qui n’a rien a voir (oui Tuli, Tulli, Tuuli et Tuulli se prononce différemment). Enfin, il y a des voyelles qui se prononce différemment genre Y se prononce U etc. Donc l’apprentissage de l’anglais chez les finnophones n’est pas ce qui a de plus naturelle.
    Pourtant, depuis que je suis à Helsinki je suis tombées sur 3 personnes qui ne savaient pas parlé anglais seulement. Encore il y a quelque jour, une petit d’une dixaine d’année grand max, descend les escaliers de l’immeuble ou je vie, j’en profite pour lui posé une question car je suis nouvelle dans le coin et elle me répond avec un bon anglais!!!! Ici c’est simple tout le monde parle anglais ! Car les trois points dont je parle sont bien différent ici qu’en France. Ici (finlande) rien n’est traduit, j’ai déjà pu aller voir des dessins animés uniquement en VO sans même de sous titrage (c’était en 3D, mais généralement il y en a des sous titres). Beaucoup de pub ne sont pas traduite et juste sous titré…

    Donc l’argument « le français c’est une langue latine » n’est pas valable.

    - je ne vois pas pourquoi il faudrait céder à cette dictature linguistique –> Je pense que raisonner comme ça, est peu être l’un des problème. Car ca voudrait dire que ce n’est pas à nous d’apprendre l’anglais mais à eu d’apprendre le français. Donc qu’on a pas à se focaliser sur l’apprentissage de l’anglais.
    Mais il faut tout de même admettre un truc, quoi qu’on en dise et même si c’est discutable, l’anglais est LA langue internationale. A une époque su fût le France, pourquoi cela à changer ? je ne sais pas. Mais maintenant faut ce mettre à l’évidence. On vit dans un mode ou la technologie est omniprésent –> Présence de l’anglais très massif. Certain domaine ne demande que l’anglais comme langue –> Les sciences et technologie et la recherche ne général. Juste avec l’anglais vous pouvez travailler dans n’importe quel laboratoire du monde, ainsi qu’au poste d’ingénieur.

    Donc pourquoi ne pas céder ? Simplement car beaucoup de gens ne pourrait faire leur job sans la connaissance de cette langue et mon faible niveau fait que ca m’handicape dans la vie de tous les jours.

    Ensuite, dans mon article je parle bien de l’apprentissage de l’anglais et non des bilingues du à leur origine. En comparaison, c’est un faite on ne parle pas/peu et mal anglais qu’en Finlande par exemple. Et nous avons une réputation justifié.

  5. Truc dit :

    J’ai horreur de l’auto-flagellation. Ça a l’air d’être la mode, en France. « Les Français sont arrogants, les Français sont nuls en langues, mais moi je suis pas comme eux. » On dirait qu’il faut critiquer la France et les Français pour se faire bien voir. J’ai même l’impression qu’il y a plus de Français qui se plaignent du chauvinisme des autres que de Français vraiment chauvins.

    Comme ça a été dit plus haut, l’anglais n’est pas la seule langue étrangère (sauf en langue de bois, où ces termes ont l’air interchangeables). Il y a des gens qui sont bilingues sans parler anglais. Je préférerais aussi avoir des films en VO, mais on dirait que « en VO » est devenu un synonyme de « en anglais ». Je voudrais avoir aussi des films allemands, russes ou espagnols !

    Et pourquoi l’herbe serait plus verte ailleurs ? Je doute que n’importe quel type pris au hasard en Turquie, en Italie ou au Japon soit capable de s’exprimer avec aisance en anglais. Je veux bien croire qu’aux Pays-Bas où en Suède ils soient plus forts que nous, mais c’est en partie lié au fait qu’ils parlent une langue germanique et qu’ils ont l’air de sacrifier leur langue (par exemple les cours à l’université sont donnés en anglais, au détriment de leur propre langue).

    De plus, il manque un tiret dans l’article : l’anglais est difficile. Avoir des bonnes notes au collège, c’est peut-être facile, mais pouvoir s’exprimer avec aisance en anglais, ça demande un travail énorme. J’ai toujours été considéré comme un « bon en langues », je peux lire l’anglais couramment, je regarde souvent des séries américaines en VO, et pourtant je sais que je ne parlerai jamais l’anglais comme si c’était ma langue maternelle, à moins d’aller habiter 5 ans en Angleterre.

    Le pire, c’est que le monde entier doit passer des années à faire des efforts pour approcher le niveau des Américains et autres sans jamais l’atteindre, alors qu’eux peuvent se permettre d’être nuls en langues sans qu’on le leur reproche. Je ne veux pas dire que ce sont des sales ricains, mais peut-être qu’utiliser l’anglais comme langue internationale n’est pas une si bonne idée…

  6. Helran dit :

    « Les Français sont arrogants, les Français sont nuls en langues, mais moi je suis pas comme eux. » –> Si tu parles de moi, je ne me sens pas visée par la fin de ta phrase, je n’ai jamais dit que je n’étais pas comme eux, bien au contraire vivant en Finlande, je me rends de plus en plus compte de mon côté Française et je ne le nie pas. Je m’autoflagelle (ainsi que les français) certes mais c’est la réalité. A partir du moment ou c’est justifié ça n’a rien d’un effet de mode.

    « Je veux bien croire qu’aux Pays-Bas où en Suède ils soient plus forts que nous, mais c’est en partie lié au fait qu’ils parlent une langue germanique et qu’ils ont l’air de sacrifier leur langue » –> J’ai donnée l’exemple avec le finnois, juste au dessus de ton commentaire (peut être que tu n’as pas encore lu). Puis certes il y a des cours en anglais mais c’est de très loins la majorité. Il y a comme dans beaucoup d’université dont en France, un ou deux cursus entièrement en anglais guère plus.

    Sinon je suis d’accord, il y a une très très grande différence entre savoir le lire et le parler correctement.

    Puis pour ton dernier paragraphe je suis dans l’absolu d’accord. Mais « le mal est fait », comme dit plus haut, a une époque le Français était une langue internationale, pourquoi plus maintenant ?
    C’est un fait et suivant les secteurs d’activités, on doit maitriser l’anglais.

  7. jayer dit :

    Question de génération , nos grands parents étaient quasi bilingues allemand (bah oui), nos parents n’avaient pas d’objectifs internationaux mais plus nationaux pour le développement de l’économie.
    et maintenant les jeunes d’aujourd’hui se débrouillent plutôt bien (en tout cas je ne connais personne dans mon entourage qui ne parle pas anglais (un minimum))
    +1 pour les séries mais avec la TNT les choses vont s’arranger (possibilité de choisir)

    et n’oubliez pas que le français doit être la 4e ou 5e langue la plus parlée dans le monde (bah oui on a pas mal colonisé)

  8. Helran dit :

    Peu être que la jeune génération actuelle commence à le parler et c’est tant mieux !

  9. Staban dit :

    Helran.

    Je ne pense pas que refuser de céder à la dictature linguistique soit un quelconque obstacle à l’apprentissage de l’anglais. Mais peut-être me suis-je mal exprimé. Il ne s’agit évidemment pas de refuser l’anglais et imposer le français à nos amis anglophones (ce serait renverser le problème).
    Comme tu le dis fort justement l’anglais s’est imposé (que cela nous plaise ou non) comme langue internationale et son apprentissage s’impose de plus en plus comme une nécessité. J’ai d’ailleurs du moi-même (comme je le souligne dans mon précédent post) du me plier à cette nécessité car mon travail m’amène à évoluer dans un contexte international.

    Mais pourquoi faudrait-il se limiter à l’anglais. Lors d’un voyage en Hongrie, je me suis appliqué à apprendre quelques mots de hongrois, rien de vraiment extraordinaire mais juste de quoi me débrouiller dans la vie courante (commander ma bière, demander l’addition, …).
    Lors d’une réunion internationale, mon petit plaisir consistera à échanger quelques mots en hongrois avec le correspondant hongrois et, bien sûr, de préférence devant les correspondants anglophones (histoire de faire mentir la fameuse blague de Parler Anglais). C’est avec ce style de petites actions (et bien que j’écoute actuellement la BBC) que je refuse de me plier à la dictature linguistique.

    Donc, pour résumer, apprenons l’anglais mais ne manquons pas l’occasion d’échanger quelques mots en allemand avec un Allemand ou quelques mots en italien avec un Italien (ce n’est pas si compliqué de dire bonjour ou merci dans une autre langue).

    Vislat.

    Staban

  10. Helran dit :

    Ok, je comprends mieux et je suis entièrement d’accord avec toi. Ce n’est pas pour rien que j’apprends le finnois et le suédois (seule certe), car se sont de belles langues et que je préfère commander ou demander mon chemin en finnois plutôt qu’en anglais. Quitte à passer en anglais si vraiment je ne comprends pas.
    Je te rejoins entièrement dans le faite qu’il ne faut pas oublier les autres langues et c’est un plaisir de les apprendre et de discuter quelques phrases simples avec ses collègues.

Leave a Reply