Le sperme a-t-il des propriétés antidépressives ?

La vulgarisation scientifique du jour portera sur le sperme et son effet antidépresseur. Quand je dis que le sexe c’est bon pour la santé: « Trust me I am scientist! Sex is good! » xD

Gallup et collaborateurs ont pondu un article scientifique qui pose la question existentielle suivante « Does Semen Have Antidepressant Properties? » ou en français, « Est ce que la sperme a des propriétés antidépressives? ». Question qu’on sait tous posés au moins une fois dans notre vie… ou pas. Mais au moins, il y a enfin un début de réponse scientifique à ça!

Je précise tout de même avant de commencer que ça va parler de sperme absorbé par les parois vaginales et non buccales. Donc pas de « Avale! c’est médical », bien qu’en fait, une étude scientifique dit qu’avaler du sperme est corrélé avec une diminution de la survenue des prééclampsies chez les femmes enceintes. Ou encore, d’après celui ci, cela pourrait apporter une protection contre le pemphigoid gestationis, maladie autoimmune rare chez la femme enceinte.

Revenons à nos boucs, le sperme contient plusieurs hormones comme de la testosterone, de l’oestrogène, de la FSH et LH, de la prolactine et des prostaglandines. Ce beau cocktail est absorbé par le vagin.
L’hypothèse que le sperme aurait des effets antidépressifs ne date pas d’hier, Ney avait déjà émis l’hypothèse en 1986. Sauf que la team à Gallup voulait la vérifier. Pour ce faire, ils ont passé un questionnaire à 293 étudiantes pour connaitre la fréquence des rapports sexuelles, la date du dernier rapport et le type de contraception utilisé.
Elles ont aussi répondu au questionnaire « Beck Depression Inventory » (abrégé BDI) qui permet d’évaluer la sévérité de la dépression.

Les résultats sont résumés dans ce tableau :
sperme antidepresseur
N = nombre de personne, M = moyenne, SD = Ecart-type

Le score au test de BDI (plus le score est élevé plus la dépression est considérée comme forte) varie en fonction de l’utilisation du préservatif lors des rapports sexuels. Les femmes qui n’utilisent jamais de préservatifs ont un score au BDI significativement plus faible que celle qui en utilise généralement ou toujours, ainsi que de celle qui n’ont pas de relation sexuelle. Il est aussi bon de noté qu’il n’y a pas de différence entre celle qui utilisent des préservatifs et celle qui s’abstiennent de s’envoyer en l’air.

Autres résultats intéressants, qui ne sont montrés pas dans le tableau précédent:
Il y a une corrélation entre le score au BDI et le nombre de jour depuis la dernière partie de jambe en l’air chez les femmes qui n’utilise pas ou peu le préservatif. Plus le dernier rapport sexuelle remonte à longtemps, plus les symptômes dépressifs augmentent.
Aussi, la fréquence des rapports sexuelles est inversement proportionnelle avec l’utilisation du préservatif. En d’autre terme, celle qui n’utilisent pas de préservatif ont plus de rapports sexuelles que celle qui en utilisent toujours ou la plus part du temps. Sachez aussi, que l’une des questions dans le test de BDI pour évaluer la sévérité concerne la libido et les rapports sexuelles, la perte de libido peut être un des symptôme de la dépression.
Enfin, à la question « avez vous tentez de vous suicider ? », les femmes qui n’utilisent jamais de préservatif ou quelques fois sont significativement (respectivement 4.7% et 7.4%) moins nombreuses à répondre oui que celle qui utilisent généralement ou toujours une capote (respectivement 28.9% et 13.2%). Encore une fois, celle qui n’ont pas du tout de rapport sexuelle ont le même résultat (13.5%) que celle qui utilisent toujours des préservatifs.

En conclusion et comme le dit celle de l’article, ce sont des résultats préliminaires qui montrent des corrélations et donc ne sont que suggestifs. Il faudrait plus d’étude à se sujet, notamment des études plus directe et dont les paramètres sont contrôlés (quantité de sperme dans le vagin) et mesurés (taux d’hormones dans le sang).

Quoi qu’il en soit, les résultats chez les femmes qui n’utilisent pas de préservatif ou rarement, montrent clairement une corrélations significative entre le niveau de dépression et le temps écoulé depuis le dernier rapport sexuelle. Mais aussi avec la fréquence des rapports qui est quasi le double de celle qui utilise toujours une capote. Tout comme le score au BDI, le taux de personne qui affirme avoir essayez de se suicider est plus élevée chez celle qui utilise toujours la capote que celle qui n’en utilisent pas/peu.

Les auteurs profitent aussi pour argumenter des idées émissent à l’encontre de leur hypothèses (c’est le sperme qui a un effet antidépresseur) ou qui pourrait être des explications alternatives, dans la conclusion de l’article.
Il se pourrait que se soit les contraceptifs oraux qui reversent les symptômes de dépression. Sauf qu’il n’y a aucune différence sur le score BDI entre celle qui prennent des contraceptifs oraux et celles qui n’en prennent pas dans chacun des groupes étudiés. Ou bien encore, que le faible niveau de dépression chez les femmes qui n’utilisent pas de préservatifs soit uniquement dû au fait qu’elles aient plus de rapport sexuelles que les autres, et non à cause du potentielle effet antidépresseur du sperme. Ce à quoi, les auteurs répondent que non seulement il n’y a pas de corrélation entre la fréquence des rapports sexuelles et le score au BDI mais aussi que ce score n’est pas significativement différent chez celle qui sont abstinentes de celles qui utilisent toujours une capote. Enfin, le comportement de prise de risque suite à des relations sans capote, pourrait potentiellement aussi influer sur la dépression. Ce à quoi, les auteurs réfèrent à des articles qui montre que cette prise de risque n’est pas corrélé avec les scores de BDI.

Ils concluent de leurs recherchent (qui vont dans le même sens que celle de Ney) que non seulement l’absorption de sperme par le vagin joue un rôle dans la modulation de la dépression mais aussi entraîne une augmentation de l’activité sexuelle. Une question fondamentale qui résulte de cette études est, à qui doit-on cette réduction de l’état dépressif ? La question est en suspend pour le moment, mais l’hormone candidate est l’estrogène, dont son effet sur l’humeur à déjà était montré dans d’autres études. Autre questionnement, concerne le mode d’action et de transport du sperme. Ce fait-il par le tissue vaginal ou l’uterus ? Est ce que cette effet antidépressif aurait lieu si le sperme est avalé ou passe par voie rectale?

La discussion est intéressante car la team semble vraiment enthousiaste sur le future de leur travaux en proposant plein de piste de recherche, comme étudier l’état dépressif chez ceux qui avalent ou par sodomie, ou encore par exemple d’étudier plus en détails cet effet antidepresseur chez les personnes ménopausées, en période postpartum ou prémenstruelle qui sont des périodes où le risque de développer une dépression est plus élevé.

Je trouve ces recherches bien plus qu’intéressantes. D’une part, ça démystifie le sperme en lui donnant des propriétés supplémentaires en plus du simple et connu « nécessaire et obligatoire à la fécondation grâce à l’apport de l’ADN paternel via les spermatozoïdes ». D’autre part, les recherches sur la dépression sont assez complexes et encore basées sur de vieille théorie aminergique. Pas complètement fausse mais on se rend compte qu’au final, c’est bien plus complexe qu’une simple réduction de sérotonine remédiée par des antidépresseurs. Car non seulement les antidépresseurs mettent 3 semaines avant de faire effet et surtout ils ne sont pas systématiquement efficaces! Il y a bien un mécanisme plus complexe derrière tout ça qui serait lié à de la plasticité neuronale. De nouvelle hypothèses et théories commencent à émerger, comme l’implication des N-Cam (protéine d’adhésion impliqué dans la plasticité neuronale) par exemple, mais toujours est-il que les nouvelles idées ont du mal à émergées. Avec ces recherches, voila qu’une nouvelle piste est lancée! Plus qu’à l’étudier en profondeur et la comprendre pour trouver de nouvelle stratégie thérapeutique et donc renouveller complètement les médicaments actuellement présents (jouant sur la sérotonine/dopamine) qui sont plus ou moins efficace en fonction des patients.

Source : Gallup GG Jr, Burch RL, Platek SM., Does semen have antidepressant properties?, Arch Sex Behav. 2002 Jun;31(3):289-93.

Helran

Comments

  1. hum…
    le postula de départ me semble un peu influencé.
    on ne se demande pas quels peuvent être les « vertus » de la semence masculine humaine, on se demande si il a des effets antidépresseurs.

    d’autre part je crois qu’il faut aussi prendre en compte les réaction physiologiques positive que génère le rapport sexuel qui aboutit à cette absorption de semence.
    je pense que c’est plus la relation sexuel en elle même qui génère cette état que l’absorption de sperme.

    et puis je crois aussi que l’activité sexuel ne peut pas être considéré comme un indicateur de bonne santé mentale, ou alors les plus débridés sont les plus heureux du monde (et on sait que c’est très rarement le cas, ce sont plus souvent des gens mal dans leur peau).

    mais c’est vrai qu’il faudrait plus d’étude là dessus parce que c’est un des sujets intéressant à analyser.

    • Normal c’est l’hypothèse de base. Il faut bien partie sur une hypothèse concrète et pas avec 150milles variables. Car après il faut les manip pour prouver ou refuter l’hypothèse.
      Donc je te dirais qu’il est clairement plus pertinant et scientifique de se dire « est ce qu’il a des effets antidepresseurs » qu’avoir une idée du genre « au faut, qu’elles sont ses possibles vertus ». Dans ce dernière cas, il n’y a tout simplement aucune hypothèse de départ, chose indispensable et point de départ d’un raisonnement scientifique.

      « d’autre part je crois qu’il faut aussi prendre en compte les réaction physiologiques positive que génère le rapport sexuel qui aboutit à cette absorption de semence. » C’est justement une des possibles explications. Cf
      « Ou bien encore, que le faible niveau de dépression chez les femmes qui n’utilisent pas de préservatifs soit uniquement dû au fait qu’elles aient plus de rapport sexuelles que les autres, et non à cause du potentielle effet antidépresseur du sperme. Ce à quoi, les auteurs répondent que non seulement il n’y a pas de corrélation entre la fréquence des rapports sexuelles et le score au BDI mais aussi que ce score n’est pas significativement différent chez celle qui sont abstinentes de celles qui utilisent toujours une capote. »

      Sinon, il y a une différence entre avoir beaucoup de rapport sexuelle et être débridé (sous entendu pervers). Je pense clairement que l’activité sexuelle joue un role fondamentale dans l’état de sante. Plusieurs articles en parlent. Et de mon point de vue, ca me parait évident au vu de la stimulation des zones du plaisir, la libération de neurohormone, neuropeptide, neurotransmetteur lié au plaisir, bien être etc.

  2. Moi j’aime bien ce genre de recherches, merci pour l’article Helran 🙂

  3. Et y a toujours pas de rigolo qui a pensé à demander quel était ton état dépressif…

    Vraiment, y a pu de jeunesse….
    Je m’y colle donc 🙂

    • Depressive 🙁
      Mais je prendrais avoir joie le traitement que cet article pourrait laisser sous entendre 😀

  4. Oui , c’est des recherches intéressantes, on sérieux:-)

  5. Vraiment désolé de le dire mais votre orthographe catastrophique nuit gravement à votre propos. Un petit effort de ce côté là rendrait les choses bien plus lisibles.

    Pour revenir à ce petit article (4 pages, même si c’est la mode c’est court), il n’envisage aucun biais d’ordre psychologique :
    « avez-vous le sentiment d’avoir des relations sexuelles épanouies? », « avez-vous peur des MST? » etc etc
    car il me semble que faire l’amour avec ou sans préservatif renvoie à la base à des femmes différemment sujettes à un état potentiellement dépressif, non ?

    • Je ne dirais rien sur l’orthographe, j’ai suffisamment dit que j’avais des problèmes la dedans, j’en ai marre de me répéter.

      Sinon pour l’ordre psychologique, ils en parlent dans la conclusion, notamment le coup du sexe sans protection = prise de danger. Je trouve que c’est pas très claire leur explication, c’est pourquoi je n’en ai pas parlé. Mais il a était montré que ce comportement de prise de risque n’est pas corrélé avec le score BDI.
      J’ai du coup rajouter ça dans l’article.

      Enfin, article long ou court, je ne me soumets pas à des moules pour faire plaisir et correspondre au parfait bloggeur, car j’écris (mal certes) pour le plaisir et pas pour respecter des quotats.

      • désolé pour le coup de l’orthographe, je ne savais pas que c’était votre « marque de fabrique », je ne voulais pas vous attaquer 🙂

        pour la prise de risque sans capote, ca me parait comme le bon et le mauvais chasseur, certaines font ca parce qu’elles sont malheureuses, et d’autres parce qu’elles sont heureuses, d’où peut-être l’absence de lien avec le score BDI

        Je pensais plus aux femmes, (marriées ou non, j’anticipe) qui se soucient d’avoir des relations sexuelles épanouies et jouissives (cnon-utilisation de préservatifs), ces femmes-là me semblent moins déprimées.

        Enfin, jsuis pas convaincu quoi ! j’aurai bien aimé quelques données psychologiques et sociologiques sur le bien-être des femmes qui utilisent ou non des capotes voilà tout

        • Dans l’article, il parle aussi justement d’un possible effet entre les femmes qui sont sur des relations à long terme et d’autre à court terme. C’est vrai que je n’en ai pas parler non plus d’en l’article et j’aurais surement du.
          Encore une fois, il ne trouve pas de corrélation entre la durée/type de relation et le score BDI.

          Donc après, si les nanas sont satisfaites au pieux ou non, c’est une autre histoire, mais je ne pense pas que ça aurait changer la donne, car finalement même avec capote, les scores BDI sont très élevés, je pense que parmi elles, ils y en a qui doivent être vraiment satisfaite comme d’autre non. Et ca doit être de même chez celle qui ne’utilise pas de capote.

          Enfin et comme dit, il faudrait faire des études plus pousser notamment pour mettre en évidement l’hormone et son mode d’action dans cette histoire de depression.

  6. Je viens de lire un article sur Libération et je vois un rapport avec cet article:

    http://fr.news.yahoo.com/76/20101014/tfr-la-fellation-responsable-d-une-vague-dbac7e9.html

    Quoi, j’ai l’esprit pervers…

    Sinon bon article.

  7. Désolé, je ne suis pas un ayatollah de la langue française mais les fautes d’orthographes m’ont rendu la lecture trop fastidieuse et j’ai laissé tomber. Le fond ne peut pas forcément excuser la forme. Dommage.

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