Archives pour la catégorie Arts et Cultures

Tram 5 à Helsinki

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Helsinki est la capitale du design 2012, du coup pour fêter ça, un tram spécial, le tram 5, circule toutes les heures. Il y a des vidéos, des bruits bizarres et les lumières du plafond change de couleur. Sans compter l’extérieur qui est couleur argenté. En fait on se croirait dans un film SF des années 80.

Et hop la vidéo que j’ai prise avec mon phone:

[Livre] Anthéa Minkowski contre Julien Ambord d’Anouchka Palmerini

Dernière chronique littéraire sur ce blog, les autres iront sur le blog Caput-Mortuum. Pour cette fin d’année, j’ai pu participer au partenariat Livraddict avec l’auteur Anouchka Palmerini et lire son livre Anthéa Minkowski contre Julien Ambord.

Anthéa Minkowski est espionne, elle bosse avec son pote (Mickey, alias Meg Ryan, un hacker) pour une boite de sécurité informatique et son job est d’infiltrer et espionner le réseau d’une banque pour prouver que leur système de sécurité n’est pas inviolable et celui de sa boîte est meilleur. Elle se retrouve donc comme « stagiaire » dans la banque et partage le bureau avec Julien Ambord, sexy, sublime, elle en craque. Pendant que Meg Ryan découvre des détournements de fond, Anthéa est prise pour cible par un tueur…. Mais qui ? Qui est le tueur ? Qui détourne les fonds ?

Alors, je viens de vous présenter ça comme un roman d’espionnage, ça l’est, sauf que c’est plus de la chick-lit espionnage en fait (chose que je ne savais pas et moi et la chick-lit ça fait zéro, enfin je pensais que c’était surtout basé sur de l’espionnage avec de l’humour à la chick-lit, mais en fait non, c’est chick-lit sur fond d’espionnage).

Donc au niveau histoire, c’est plus de l’espionnage basique dont j’ai d’ailleurs deviné très vite qui était dans le coup, mais aussi j’ai deviné le type de rôle que joue une autre personne dans l’histoire (pas exactement c’est vrai, mais du moins son côté).

Ceci dit, le début du livre commence vraiment bien, c’est bien chouette. De même pour la fin, malgré le fait que ce soit prévisible à des kilomètres. Disons, qu’ils se passent des trucs, de l’actions, des moments drôles, de la répartie et des répliques funs. Sauf que malheureusement, j’ai trouvé que tout le milieu du livre est planplan. En gros, ça commence bien puis ça s’essouffle pour revenir sur une fin pleine de péripéties. Surtout que toute cette moitié est très « chick-lit » à mon goût (je n’aime pas la chick-lit donc bon…. Mais j’y reviens un peu après), alors c’est vrai, au début et fin, ça l’est tout autant, mais au moins il se passe des trucs intéressants, autre que « Oh il est trop beau », « oh il sent trop bon, ça m’excite » , « oh j’aimerais trop lui caresser son corps de rêve, ça me fait mouiller ma culotte » (je n’exagère pas tant que ça).

Voilà, donc une histoire banale et très prévisible avec un début et une fin sympa mais dont le milieu s’essouffle pas mal, en tout cas à mon avis.

Par contre la plus part des personnages sont charismatiques et leurs relations sont intéressantes, ça donne lieu à des répliques bien fun des fois. Donc pour moi, un personnage charismatique ne laisse pas indifférent, pour faire simple, on l’aime ou on le déteste. Pour faire un petit tour de table rapide (mais je n’entre pas dans les détails, je préfère vous laisser les découvrir) : Prunille (meilleure amie d’Anthéa) je ne peux pas la piffer, elle m’énerve. Tout comme Cédric, trop gentil, trop con avec sa tirade de fin bien énervante et fausse d’ailleurs (les femmes aiment l’argent…). J’ai adoré le personnage de Mickey, il est bien fun et  mon personnage préféré c’est Jézabel (et non, je ne suis pas gothique), courte apparition à deux reprises mais bizarrement, elle m’éclate, j’aurais aimé la voir plus. Enfin, et bizarrement, je trouve que les deux personnages principaux sont les moins intéressants, Anthéa et Julien. Disons, qu’ils ne me font aucun effet, en fait je les trouve même ennuyant, ce n’est pas le genre de personne qui me donne envie d’aller discuter avec. D’ailleurs, quand on pense à l’histoire d’espionnage et de détournement de fond, ce n’est pas eux qui font le boulot, c’est Mickey surtout, je veux dire, que Julien et Anthéa sont surtout là aux mauvais/bons moments et finalement, on ne sait pas ce qu’ils font, ni en quoi ils font avancer l’affaire. En fait, c’est les situations dans lesquels ils se retrouvent par mégarde qui aide, pas leur expertise, d’ailleurs cela m’a tout même assez ennuyée finalement. Car le coup du « Cédric ou Julien ? »… merci mais à part ça, l’enquête à avancer grâce aux trouvailles de Mickey principalement.

Tout ça pour dire, qu’un peu de chick-lit ça ne me dérange pas si l’enquête et l’intrigue sont intéressantes, ça peut même être fun. Mais lorsque c’est quasi que du chick-lit ça m’ennuie profondément.

Au niveau de la forme, il y a 42 chapitres + épilogue (et accessoirement un deuxième tome est prévu). En fait, le choix de l’auteur s’est porté sur des successions de paragraphes qui alternent les personnages dans un même chapitre. En gros, on switch de personnage plusieurs fois dans un même chapitre. C’est d’ailleurs plutôt bien fait. Disons que c’est sympa de savoir qui fait quoi durant une même période de temps.

Par contre, là où sa pêche énormément, c’est le style. Aïe. Deux choses qui m’ont vraiment marquée et qui fait que j’ai eu du mal avec ce livre :

La sur répétition de verbe ou expression.  Pour l’expression, on a le droit à une sur répétition de « Et joignant le geste à la parole ». Pour le verbe, c’est « Maugréer », alors celui-là, on le trouve tellement de fois que ça alourdie le texte et ça devient vraiment lassant. D’ailleurs voici un dictionnaire des synonymes en ligne et gratuit qui est excellent. Bon ça encore, ce n’est pas vraiment si gênant que ça non plus. C’est de la sur-répétition d’un verbe et une expression (le « maugréer » m’a tellement achevée que le reste ne m’a pas spécialement choqué).

Le gros problème provient de ce que je vais appeler « l’incohérence de narration » (ça a surement un autre nom d’ailleurs) et franchement, quand on s’en rend compte, ça ne pardonne pas. En gros, j’avais cru repérer des erreurs de narration à plusieurs reprises dans le livre mais je me suis dit que c’est moi qui avait mal lu, jusqu’au moment où j’en trouve une horriblement grosse. La voici. Pour information, cette scène se passe dans une pièce où seul Sara et Julien y discute seul à seul. Anthéa est à des kilomètres de là et elle n’est même pas au courant qu’ils avaient rendez-vous ce soir-là, ni où du coup. Ce qui me choque est en gras et entre parenthèse sont mes annotations pour vous expliquer qui dit quoi à qui.

(Sara dit à Julien) « – Pour la même raison qu’il a vandalisé ta voiture, probablement. Cette banque est remplie de gens suspects. La seule qui est au-dessus de tout soupçon, c’est cette abrutie de stagiaire qui te colle aux basques. Elle est bien trop cruche pour détourner de l’argent dans une banque ! » (Abrutie de stagiaire fait référence à Anthéa Minkowski, l’héroïne principal du livre donc)

Julien sourit. Il pensa à moi et sentit soudain ses pensées voguer vers des terres lointaines où il faisait toujours beau. Il ne répondit pas.

Puis, il demanda : (Julien qui demande à Sara)

« Ainsi, tu crois que c’est (XXX, pour ne pas vous « spoile ») qui a causé ces dégâts à ma voiture ? »

Alors, il faut savoir que j’ai lu et relu ce passage pour savoir à qui faisait référence le « il pense à moi », car dès le début, j’avais bien compris que le moi = Anthéa Minkowski. Sauf que c’est du gros WTF là. Nan mais sérieusement, comment peut-on écrire « Il pense à moi », narration d’une personne qui est à des plombes du lieu de la conversation et qui donc n’y participe même pas. Un don de télékinésie ?! Oo Si encore c’était « Il pense à Anthéa », ça ira parfaitement, mais IL PENSE A MOI ? Oo Gné ? Mais d’où tu sais qu’il pense à toi ? Et le pire c’est qu’il me semble avoir vu ce même genre d’erreur avant, sauf que je n’avais vraiment pas envie de me retaper le livre pour confirmer ça et annoter les passages.

Alors, ça peut paraître con, mais le combo : sur-utilisation du verbe maugréer + histoire d’espionnage basique dont on devenir largement la fin dès quasiment le début + passage creux au milieu du livre + erreur de narration + style d’écriture ultra basique, pas spécialement agréable, ni vraiment désagréable en fait (+ chick-lit, ohlalala il est sex, je mouille ma culotte d’une fontaine de jouvence… ok, là c’est une histoire de goût, donc je ne peux rien dire) = ça ne passe pas. J’ai failli abandonner le livre à plusieurs reprises, ou du moins aller directement au dernier chapitre, histoire de confirmer mon hypothèse qui était complète en milieu de livre. Et ce même si certains personnages sont charismatiques et qu’il y a des passages drôles, en plus de certains moments d’action intéressants.

Enfin, juste pour signaler des coquilles techniques, rien de méchant, juste des erreurs d’oubli à la noix : Tout au début du premier paragraphe, il manque une ouverture ou fermeture de parenthèse et au début du 2ème chapitre, dans la succession des évènements avec horaire, le 7h25 arrive avant le 7h20.

En conclusion, je pense que ce livre s’adresse vraiment à un public fan de chick-lit, pas trop exigeante en matière d’investigation/intrigue et ni concernant le style et les incohérences.

Interview de Benoît Sokal (créateur de Syberia) durant le festival de la BD à Helsinki en 2012

Septembre dernier a eu lieu le Helsingin Sarjakuvafestivaalit, qui veut dire, le festival de la bande dessinée/comics d’Helsinki. Et cette année, la Belgique était à l’honneur. Je n’y suis pas allée malheureusement, j’aurais du, en plus c’était gratuit et surtout il y avait une interview de Benoît Sokal.

Alors, si comme moi, au départ, le nom de Benoît Sokal ne vous dis rien, ce qu’il a fait, va sûrement vous faire dire « Ah oui c’est lui ?! ». Il a fait de la BD (cf plus bas) dont je n’en connais aucune. Par contre, il est aussi créateur de jeux vidéo avec la saga Syberia ! (Et oui c’est lui, je ne m’en étais même pas rendu compte! Vache et en plus c’est bon Syberia), il a aussi fait L’amerzone avant de faire le premier Syberia. Il a créé Paradise et L’île noyée que je ne connais pas, qui sont aussi des point’n'click et dont je vais m’empresser d’aller voir ! D’ailleurs en parlant de Syberia, bonne nouvelle, Syberia III semble être prévu pour 2013!

L’équipe du Helsingin Sarjakuvafestivaalit a eu la très bonne idée de mettre à disposition la vidéo (en 3 parties sur youtubes) de son interview. Les questions sont dites en finnois, mais Benoit Sokal répond en français (qui est traduit en finnois par après). Dans la 3ème partie, il explique comment il en est venu aux jeux vidéo.

Voici la liste des BD qu’il a fait (d’après wikipédia):
Depuis 1978 : Les enquêtes de l’inspecteur Canardo, vingt albums parus dont dix en collaboration avec Pascal Régnaud.
1988 : Sanguine (en collaboration avec Alain Populaire).
1990 : Silence, on tue ! (en collaboration avec François Rivière).
1995 : Le Vieil homme qui n’écrivait plus.
2005-2007 : Paradise, la bande dessinée sortie simultanément au jeu vidéo. Sokal est scénariste, Bingono dessinateur et Jean-François Bruckner s’occupe de la mise en couleur.
2010 : Kraa : La vallée perdue.
2012 : Kraa 2 : L’ombre de l’aigle.

[Livre] @ssassins.net de Christian Grenier

Si je me suis lancée dans @ssassins.net de Christian Grenier, c’est surtout pour le challenge Détective en herbe. En fait c’est un polar cyber punk.

J’ai, sans le savoir, débarqué en plein milieu de la saga des Enquêtes de Logicielle. @ssassins.net étant le tome 4. Du coup, je n’ai quasiment pas d’info sur Logicielle, Max et son patron, rien n’est expliqué (je suppose que c’est fait durant le tome 1), on apprend rien sur eux et il n’y a aucune informations sur eux qui aideraient le lecteur tombé au milieu de la saga. Du, d’un point de vu des protagonistes, j’ai trouvé ça extrêmement fade. Impossible de s’identifier aux personnages, on ne connaît rien d’eux, ils sont plats, sans trop de charisme etc. Mais c’est peut-être du au faite que j’ai surement loupé les présentations dans les premiers tomes.

Sinon, c’est l’histoire de Logicielle (du vrai nom Laure-Gisèle), une experte informatique, qui accepte une mission, un peu étrange. Elle doit aller dans le troisième monde (univers virtuel créé pour ressembler le plus possible à l’époque de celui de Cyrano de Bergerac) pour y découvrir l’assassin de Cyrano. Sauf que ce monde virtuel va se retrouver en libre accès sur la toile, mais aussi se faire pirater par des membres de la Saint-Office.

Hormis, le fait que je n’ai eu aucun feeling pour les personnages, j’ai tout de même adoré l’enquête. Progresser dans le logiciel, revenir dans le réel et comprendre ce qui s’est passé et surtout qui est à l’origine de ce dérapage, de sa mise en ligne sur le net et qui sont les Saint-Officiants et leur rôle.

Au fur et à mesure, l’histoire se complique, Logicielle partait juste pour tester ce monde virtuel et en profiter pour découvrir l’assassin de Cyrano, sauf qu’en fait, ça implique un conflit politico-religieux bien plus énorme et bien réel.

Peu à peu, vers la fin, les pièces du puzzle se mettent en place. J’ai réussi à devenir des trucs, comme l’assassins de Cyrano et pourquoi, mais pas qui l’a commandité, ni comment les personnes si y sont prises. La fin et les révélations de l’enquête sont vraiment bien trouvées. Je me suis même dit « ah mais oui, logique » ou encore « ah oui c’est vrai ça, il s’est passé ça, mais pas ça » etc. Bref, une enquête logique et intéressante. J’ai aussi aimer lire, que des extrémistes religieux utilisent le moyen qu’ils renient/refusent/excrètent/les mèneront en enfer, pour répandre leur connerie et contrôler la masse, c’est finalement paradoxale.

Bref, une bonne enquête et bien écrite, mais je conseillerais tout de même de commencer par le premier tome (qu’il faudra que je lise), sans quoi les personnages vont vous paraître d’une fadeur extrême. En tout cas, je vais découvrir ce que l’auteur à fait d’autre !

[Film] Skyline

Voilà, super, je viens de voir Skyline, que c’est pourri, merci, au revoir.

Bon alors Skyline, c’est un navet SF. Après une fête d’anniversaire de jeune riche, ils sont réveillés par des lueurs bleues très intenses qui proviennent de l’espace. Une invasion extraterrestre est imminente.

Sauf qu’on a affaire un à film d’invasion d’ET tellement banal et bateaux que ça en devient chiant et pourri. 3 jeunes nanas totalement débiles, dont une enceinte bien sûr, un mec (le perso principal) totalement con et le noir de la série, qui a de l’idée et pas totalement con, se fait tuer en premier (ah non pardon, après l’une des connes). Super. Ensuite, vient le concierge (alias Batista de la série Dexter), aussi le moins con de la troupe. Bah n’empêche qu’entre me faire bouffé par un ET à stroboscope bleu et rester coincer dans un luxueux appartement avec 3 nanas complètement connes et un mec au qi d’huître atrophiée, franchement, je préfère me faire bouffer. Autant dire que c’est assez pitoyable comme film ! Heureusement, ce n’est pas un happy end, malheureusement, ça laisse une porte ouverte à un second opus. Un navet !

Ah j’ai oublié de vous parler du film, non ? Bah comme dit, c’est bateau. Des ET débarquent pour récupérer les cerveaux et moelles épinières des humains (véridique) pour les mettre dans leurs futurs extra-terrestre (sisi c’est vrai). De là, un groupe de débile (sauf deux) essayent de survivre. Voilà !

[Livre] Blanche ou La Triple Contrainte de l’Enfer d’Hervé Jubert

Blanche ou La Triple Contrainte de l’Enfer d’Hervé Jubert m’a tapée à l’œil par sa couverture et la description du livre que j’avais trouvé sur booknode « A la fin du 19ème siècle, Blanche, jeune fille de 19 ans, passionnée de chimie et d’énigmes, essaye d’aider son oncle, commissaire de police, à résoudre son enquête sur un meurtre. Un homme est retrouvé mort, avec un étrange tatouage… », Ce livre est un vrai coup de cœur.

Pour un peu plus de précision, l’histoire se déroule en 1870, alors que les prussiens envahissent et bombardent Paris. Blanche a raté le dernier train au départ de Paris pour la province, alors que ses parents et sœurs l’ont eu. Elle se retrouve seule à Paris, enfin pas tout à faire, car son oncle, inspecteur de police est resté sur Paris. Blanche va se retrouver à enquêter et aider son oncle sur une succession de mystérieux meurtres, dont les tués portent le même tatouage.

J’ai extrêmement adoré le personnage de Blanche. Elle a 17 ans et elle ira sur ses 18 ans durant le livre. Elle est passionnée par les sciences, la chimie, la médecine et l’investigation. Elle est athée, cartésienne et darwiniste. Elle possède son petit labo de chimie, sa fourmilière et aime les dissections et elle est curieuse. Sachant qu’à cette époque, clairement annoncé dans le livre, les femmes n’ont pas accès à la plus part des métiers, en gros, elles ne peuvent devenir médecin, ni suivre des cours de médecine, seul infirmière leur est autorisé, elles ne peuvent non plus être de la police, même au plus bas de l’échelle etc. En gros, elles sont couturières, infirmières et ce genre de métier, qui ennuient profondément Blanche. Heureusement, son oncle ne la dissuade pas du tout dans ses délires, normalement masculin, et lui offre l’encyclopédie de la police, qu’elle lit avec assiduité. Aussi, il lui fait part de ses enquêtes et n’hésite pas l’écoute, ainsi que ces théories à propos de la série de meurtre.

J’ai aussi adoré me balader dans Paris à cette époque où les prussiens attaquent Paris, c’est plutôt bien décrit et on s’imagine assez bien le décor avec les voitures à cheval, les ballons gonflables et les pigeons voyageurs.

Les personnages sont plus qu’attachant, j’ai comme dit plus haut, adoré Blanche, mais son oncle Loiseau est aussi sympa et le duo Castor et Pollux est plutôt drôle. Bien d’autre personnage, plutôt secondaire, sont tous aussi excellent comme le professeur de médecine Allemand (du coup, on a le droit à des petits bouts de phrase allemande, mais compréhensible même pour moi qui suit une plus que merde en Allemand) ou Nadar et ses deux mecs du cirque. Même en découvrant les intentions et la vie du meurtrier, je ne me retrouve à penser comme Blanche à son sujet. J’ai omis Victor et la meilleure amie de Blanche, car ils ne m’ont pas spécialement emballée comme personnage, malgré le fait que ce soit des personnages principaux.

Concernant l’histoire et la partie investigation/résolution de l’affaire, je dois dire que cela a été mené avec brio. A aucun moment, je n’ai su pourquoi le tueur tue, on ne le sait qu’à la fin. Mais aussi j’ai apprécié le rythme du livre, je ne me suis pas ennuyée, même durant les passages plus « lent » avec pas mal de description. J’ai aussi apprécié les références à l’opéra Faust et à différentes mythologies. D’ailleurs, niveau style, s’est très bien écrit et avec un vocabulaire riche, tout en étant agréable à lire.

C’est vraiment une histoire « complexe » et riche, qui m’a transportée dans une époque totalement différente. J’ai plus qu’adoré le personnage de Blanche, ainsi que toute l’histoire autour du crime. Je n’ai finalement pas grande chose à dire en négatif sur ce policier jeunesse, qui surpasse largement et de loin, certain polar adulte que j’ai pu lire (Je pense notamment à du Mary Higgins Clarck, en terme de suspense, investigation, rythme et richesse de l’histoire). Il y a deux autres tomes dans la série Blanche, que je ne vais pas hésiter à lire ! En bref, gros big coup de cœur pour ce livre !

Enfin, voici une liste de mot que j’ai découvert grâce à ce livre :

  • Frontispice = gravure placée avant le titre d’un livre
  • Convolvulus = genre de plante
  • Idoine = qui convient, qui est approprié
  • Pétroglyphe = dessin symbolique gravé sur la pierre
  • Quinné = en botanique, qualifie des organes disposés par cinq
  • Smaragdin = qui est vert émeraude
  • Rémige = grande plume des ailes des oiseaux
  • Mandorle = forme d’ovale ou d’amande dans lequel s’inscrivent des personnages sacrés (Christ, Vierge Marie, Saints)
  • Missel = Livre lithurgique dans lequel se trouve tout le texte pour la célébration de l’eucharistie
  • Bedeau = employé laïc d’une église
  • Guiderope = Long cordage qu’on laisse traîner sur le sol depuis la nacelle d’un ballon pour freiner le ballon dans sa descente ou pour maintenir une altitude constante

Pour finir, j’adore le nom qu’elle « donne » à un personnage, à un moment donné : Molusca debilita

[Livre] Les dix femmes de l’industriel Rauno Rämekorpi d’Arto Paasilinna

J’ai découvert l’auteur Finlandais Arto Paasilinna, il y a super longtemps et j’avais plus qu’adoré Petits Suicides entra amis et Les prisonniers du paradis. Du coup, j’ai renouvelé l’expérience avec les dix femmes de l’industriel Rauno Rämerkorpi. C’est définitivement le Paasilinna que j’ai le moins aimé et pourtant j’adore son humour en général, mais voilà, celui ne m’a pas faite rire comme les autres. Seuls quelques moments et situations m’ont faite sourire. Ce n’est pourtant pas le thème qui me dérange, juste que je n’ai pas accroché.

Donc c’est l’histoire d’un industriel qui a réussi à créer une entreprise de métallurgie parmi les meilleurs mondiales et ce à partir de rien (il était bûcheron à la base). Le jour de ses 60 ans, il reçoit la distinction de conseillé de l’industrie et reçois une flopée d’invités réputés, connus etc. Ils lui offrent tous des fleurs, sauf que sa femme en est allergique. Il décide donc de les amener à la déchèterie. Sauf que finalement, il trouve ça dommage de les jeter et préfère aller les offrir à des femmes qu’il a connu. Le voilà partie avec son chauffeur de taxi dans une cavalcade sur tout Helsinki et environ pour distribuer les fleurs et plus si affinité.

On retrouve les thèmes chers à Paasilinna, une cavalcade (cette fois ci, dans Helsinki et environ et j’ai d’ailleurs adorer reconnaître les lieux et rues mentionnés) et une satire de la société finlandaise. Sa patte et son style est bien présent. L’humour aussi, mais j’ai moins accroché à l’humour de ce livre malheureusement.

On suit l’industrielle qui cocufie sa femme une 10aine de fois et n’hésite pas à recommencer pour Noël, sauf que finalement, on se rend compte, bien qu’il soit un connard avec sa femme (= être infidèle), il est un chouette type, qui essaye de prendre soin de ses employés. Ce n’est pas parce qu’il est à la tête d’une grande entreprise avec une bonne fortune personnelle, qu’il doit être un connard de patron. Surtout que parmi les femmes qu’il va rencontrer, certain sont de belle garce de merde (je pense quasi uniquement à celle qui lui a fait un enfant dans le dos, qu’elle garce de merde !).

On se rend compte, chose que je savais déjà, que les femmes peuvent être de la pire espèce de connasse (faire un enfant dans le dos ?! WTF) et d’ailleurs, Raumo ne mérite absolument pas la fin, car quoi qu’il arrive, elles ont toutes été consentantes et heureuses, car en plus des cadeaux, il les a aidé du mieux qu’il pouvait à chaque fois et pour chacune.

En gros, quelques moments drôles, une bonne critique générale sur comment des gens abusent d’une situation pour finir par devenir la pire des putes. Mais bon, ça n’est définitivement pas mon préféré. En fait, le début ne m’a pas faite rire, puis progressivement est venu le sourire pour enfin replonger dans le non drôle. Donc, j’ai trouvé, que la répartition de l’humour était assez inégale. Quoi qu’il en soit, ça reste un Paasilinna sympa dans l’ensemble, qui se lit, mais il y a mieux dans sa bibliographie.

Sinon, j’ai aussi appris un mot nouveau : Factotum = personne à tout faire (dans le contexte, c’était en parlant du lutin du père Noël, le lutin factotum).

Voici quelques citations du livre :

Le chauffeur de taxi fit remarquer qu’en réalité, le conseiller à l’industrie tenait plus du bouc cornu des anciens mythes liés au solstice d’hiver que de son avatar moderne à costume rouge et barbe blanche.

Irja : Tu es juste resté chez moi… si tu savais comme j’étais heureuse, même si ça n’a duré qu’un an. Tu m’as quittée. Mais pourquoi ? C’est ce que je me suis toujours demandé.

Rauno : Tu as les orteils trop courts.

Il expliqua que l’exceptionnelle petitesse des doigts de pied d’Irja l’avait amené à se demander s’il était bien raisonnable, tout compte fait, d’épouser une femme qui risquait de transmettre cette particularité à ses enfants et au-delà, jusqu’à la fin des temps, à toute la lignée des Rämerkorpi. Irja se débarrassa d’un coup de pied de sa pantoufle gauche, passa la jambe sur le bras de son fauteuil et scruta ses orteils.

Irja : Ils ne sont peut-être pas très fins et longs, mais c’est quand même fou qu’un homme en pleine possession de ses facultés mentales attache de l’importance à un détail pareil. Si j’avais su, ça m’aurait évité d’acheter un pistolet et surtout de songer à me suicider. C’est toi que j’aurais dû tuer, en réalité.

Chuchotant dans le hall obscur, ils se demandèrent si Dieu était satisfait de cette humanité qui, dans le tumulte de l’histoire, avait fait tant de mal. Les iniquités étaient légion : jalousie, envie, violence, guerre… difficile de croire que l’homme ait été créé à l’image de sa divinité.

Pour Rauno Rämerkorpi, le chef-d’œuvre de Dieu était de toute évidence entaché d’un vice de conception. S’il avait dû lui-même s’attaquer à un tel projet, il aurait tout de suite mis le prototype au rebut. L’homme était intrinsèquement obsolète, inconsistant et mal fichu, avec ses deux pieds et son corps glabre. Sa tête était vulnérable, ses mains malhabiles. Kirsti interdit au conseiller à l’industrie de blasphémer, mais il était lancé. Il déclara que le point sur lequel l’échec de Dieu était le plus patent était le cerveau de sa créature. L’homme était certes plus intelligent que l’hippopotame, mais même après avoir évolué il demeurait cupide, dépravé, cruel et fourbe – en un mot pitoyable. Aux yeux de Rauno Rämerkorpi, un Dieu qui avait si lamentablement échoué ne méritait guère qu’on l’adore.

Rauno : Il n’y a pas de quoi s’extasier devant l’ingéniosité de Notre Seigneur… quel bras cassé !

Il ajouta en pouffant que si un créateur de ce genre briguait un jour un poste d’ingénieur en conception à son usine de Tikkurila et présentait l’homme comme preuve de son talent, il ne risquait pas d’être embauché.

Annikki : Rien ne t’oblige à trop boire. Il y a aussi sur ces bateaux des bibliothèques, des cinémas et tout ce dont on peut rêver.

Rauno : Je ne vais pas dépenser des dizaines de milliers de marks pour pouvoir feuilleter des romans de gare américains ou regarder des acteurs de série B débiter des âneries dans de vieux films.

Annikki : On pourrait s’offrir des séances de spa, se baigner dans l’océan et profiter des escales pour découvrir la vie et la culture locales. Et la nourriture est délicieusement saine, là-bas, lis donc le prospectus au lieu de rouspéter.

Rauno avait répliqué qu’il préférait se prélasser dans un bon vieux sauna à l’ancienne plutôt que dans un bain de boue à bord d’un bateau de croisière. Dieu sait quelle vermine marinait là-dedans, il finirait couvert de pustules pour le restant de ses jours, sans compter les larves de bilharzie qui se nicheraient à coup sûr sous sa peau… mieux valait ne pas plonger sans précaution dans l’océan, les courants marins avaient emporté des centaines de touristes irresponsables, surtout dans les Caraïbes. Il fallait aussi penser à l’environnement : quand un énorme navire mouille dans la rade d’une petite île, ses ancres lourdes de plusieurs tonnes détruisent un hectare de récifs de corail, uniquement pour que des mémères obèses puissent exhiber leurs varices et leur cellulite. L’indigène affamé n’a droit de la part de ces richissimes m’as-tu-vu qu’à un regard indifférent, et la fillette mendigote d’une mère célibataire aveugle au mieux à une piécette ou deux.

Rauno Rämerkorpi s’était mis à beugler : le tourisme de masse était un moyen de blanchir les narcodollars sud-américains servant à corrompre des dictateurs, et tandis que des millions de personnes pleuraient misère, Annikki et lui, gavés d’huîtres en voie d’extinction, roteraient sous le clair de lune tropical des Caraïbes en buvant des vins hors de prix dont le raisin avait été cueilli par de petites filles aux doigts gercés dont les mains ne feuilletteraient jamais de livres de classe ! Ce n’aurait été que justice que le plus terrible des cyclones nés dans la zone équatoriale balaie la région, renverse le bateau cinq étoiles et noie dans les profondeurs de l’océan tout son chargement de noceurs !

Rauno fit remarquer que les Finlandais avaient élu une femme à la présidence de la République, une militante de gauche qui avait cultivé une parcelle voisine de celle d’Eveliina dans ces jardins ouvriers. Il ajouta avoir lui-même été toute sa vie un authentique prolétaire. Il n’y avait rien de mal, selon lui, à ce qu’un ouvrier s’enrichisse un peu, au moins une fois de temps en temps. Son argent ne faisait pas de lui un exploiteur.

Selon Rauno Rämerkorpi, les défenseurs de la cause ouvrière n’étaient mus que par l’envie et la jalousie. Mais ni Marx ni Lénine n’en avaient jamais soufflé mot, pas plus que Tuure Lehén ou Otto Ville Kuusinen. Dès que la situation financière d’un camarade s’améliorait un tant soit peu, on l’expulsait des rangs du prolétariat pour l’expédier de force dans le camp adverse et du même coup au goulag ou au gibet. La métallurgiste pensait-elle être la dernière communiste au monde ? L’expérience socialiste, en Russie et ailleurs, montrait que la cause était trop noble pour être confiée à des rustres envieux.

Eveliina : On ne peut pas mettre les erreurs de l’Union soviétique sur le dos de tous les travailleurs. C’était une dictature.

Rauno : La dictature du prolétariat.

Le conseiller à l’industrie grogna que le totalitarisme soviétique avait tué soixante-dix millions de personnes, l’allemand peut-être trente.

Eveliina lui suggéra de considérer la question sous un autre angle. Si le Troisième Reich avait été socialiste et l’URSS national-socialiste, le nombre de morts aurait été à peu près le même. Les masses russes étaient plus nombreuses et les Allemands, malgré leur énergie et leur volontarisme, n’égaleraient jamais leur force de destruction. Rauno restait en dépit de tout un représentant du capitalisme, ses anciennes convictions de gauche n’y changeaient rien.

Eveliina : En tant qu’homme, tu es tout à fait OK, mais que tu le veuilles ou non, tu cherches à faire du profit.

Le conseiller à l’industrie répliqua qu’il fallait bien constituer des réserves pour préserver l’emploi des ouvriers. S’il distribuait ses bénéfices à ses salariés, sa société ferait vite faillite et mille personnes seraient à la rue. Il y avait une grosse différence entre des activités commerciales normales et la spéculation en Bourse. Les investisseurs internationaux s’en donnaient à cœur joie maintenant que la gauche avait cessé de s’opposer à eux. En quelques secondes, les agioteurs transféraient des milliards d’un pays à un autre, les boursicoteurs flairaient en temps réel les meilleures affaires. Si des petites filles fabriquaient en Inde des composants électroniques à moitié prix, les capitaux s’y précipitaient pour ramasser le pactole et, une fois le filon épuisé, se ruaient aux

antipodes pour saigner à blanc une nouvelle victime, sans se soucier le moins du monde de polluer des régions entières et de laisser sur le carreau des dizaines de milliers de gens.

Eveliina : Ne crie pas, les voisins vont t’entendre, les murs sont comme du papier, ici.

Rauno : Ma société ne sera jamais cotée en Bourse ! S’il n’y a pas moyen de trouver des capitaux autrement, tant pis, plutôt faire faillite !

L’industriel tonna qu’il était plus à gauche que la plupart de ses ouvriers, à part Eveliina.

[Livre] C2H4O2 de Condie Raïs

Grâce à Livraddict et son partenariat avec l’auteur Condie Raïs, j’ai pu lire le recueil de nouvelle C2H4O2 de Condie Raïs. C’est un recueil de 8 nouvelles dont le total fait environ 150 pages.

J’ai un avis assez bizarre sur ce recueil. Contrairement à d’habitude où je suis plus « j’aime » ou « j’aime » ou « oui bof ». Là, c’est plus compliqué que ça. Si je résume, j’ai apprécié 4 nouvelles des 8, mais l’ensemble m’a profondément ennuyée. Les 4 que j’ai aimé, c’est surtout pour leur humour ou idée qui m’a faite bien rire où apprécier l’ensemble de l’histoire. Je n’ai eu aucune affinité pour les autres et ça m’a ennuyé au point de devoir poser le livre, reprendre, sauter des chapitres etc.

En fait, j’adore les idées de l’auteur, j’adore les trames générales, enfin les grandes lignes des histoires (même sur les nouvelles que je n’ai pas aimé) mais sa plume m’endors (même dans les nouvelles que j’ai apprécié) et il y a, je trouve, trop de longueur. C’est le pourquoi de mon avis mitigé. En fait, il faut vraiment aimer le style de l’auteur, je n’accroche pas pour ma part, alors que d’autre oui.

Petit tour rapide des nouvelles. La première, Maneater, je la trouve sympa. C’est l’histoire d’une fille (dont je n’ai pas d’affinité ou feeling, comme la plus part des personnages du recueil) qui découvre qu’elle a un pouvoir bizarre. Tout ce qu’elles touchent ou qui la touchent, meurt dans les heures qui suivent. Au début, elle fait tout pour éviter de tuer des gens, jusqu’à un jour, elle commence à s’en servir.

Ensuite, il y a une succession de deux nouvelles qui sont liées. Pars vite mais ne reviens pas trop tard, m’a faite rire, vraiment. C’est une sorte de moquerie de la littérature sentimentale (type Harlequin) et des auteurs best-sellers qui pondent un livre par an et comme par hasard à la rentrée littéraire seulement. On devine très vite quels sont les auteurs visés. D’ailleurs le personnage principal s’appelle Marc Mussaut (j’en dis pas plus). En fait, ce qui m’a fait le plus rire, ce sont les tentatives d’écriture de Marc, ça part à chaque fois en couille et c’est justement énorme. Et c’est suivi par la nouvelle Harcèlement, qui est sympa aussi, à propos d’un patron qui offre des livres « de merde » à son employée. Sauf qu’elle adore lire et d’ailleurs elle est calée en littérature, contrairement à son boss qui n’y connait rien et ne lit/aime que les best-sellers torchons. Vint le moment où elle se venge.

A partir de maintenant et sauf la dernière nouvelle, je n’ai pas du tout aimé celles qui suivent. Eloge de John Wayne, je n’aime pas John Wayne, ni les westerns (enfin rarement), donc forcément sont éloge, qu’elle soit véritable ou parodie dans ce recueil, m’a vraiment pas attirée. La petite fille qui n’aimait pas Noël, est une nouvelle sur une petite fille donc, et sa relation avec ses parents alcooliques et son papy. Décadences, c’est l’histoire d’un couple qui engage un gigolo, sauf que la fille du couple, 14 ans, part en couille avec son copain junky (sexe, drogue et rock’n’roll) et le couple souhaiterait que le gigolo en discute avec la fille. Prospérine la louve, c’est l’histoire d’une femme, qui est enceinte d’un enfant qu’elle a conçue avec un soldat allemand, à savoir un ennemi (période de la seconde guerre mondiale), elle est du coup rejeté par sa famille, ses voisins et toute la ville ; humiliation publique et ils n’y vont pas de main morte. Elle part du village et fini par revenir plus tard, histoire de finir quelques petits trucs (pareil, elle ne va pas y aller de main morte non plus). Comme ce précédemment, c’est dommage que le style m’a endormie et que j’ai dû lutter pour en venir à bout, car les idées sont bonnes.

Enfin, j’ai trouvé sympa la dernière nouvelle, Métaphysique des mails. C’est en fait une discussion par email entre deux collègues du département de philosophie à propos de Kante. Au départ, ça comme bien, c’est courtois et ça fini par partir en couille.

[Livre] Le père noël est mort de Nolween Eawy

Nolween EawyJe me suis mise un peu par hasard à la lecture de Le père noël est mort de Nolween Eawy, qui est un recueil de nouvelle horreur/fantastique. Punaise, qu’est-ce que j’ai aimée ! Alors c’est sure, il ne faut pas le mettre entre toutes les mains et encore moins aux enfants, car horreur et écartèlement de la magie de noël sont aux programmes.

En fait, ce recueil (d’environ 50 pages) sur le thème de Noël est écrit pour montrer que finalement l’esprit de Noël, il n’existe plus. Nous sommes tombés dans un Noël commercial où l’ambiance familiale n’est finalement qu’hypocrisie et que les enfants ne veulent que des gros cadeaux chers. C’est que ce nous dit l’auteur à la fin du recueil et d’ailleurs on le sent très bien dans le livre. Mais j’y ai vu autre chose. J’y ai aussi vu, cette hypocrisie qui dit que les enfants doivent être sages quoi qu’il arrive, même lors des pires atrocités (viol, violence, brutalité…), car sans quoi, ils n’auront pas leur joué durant ce jour magique de paix, d’amour et de joie… hypocrisie et faux cul.

La première nouvelle est Réveillon dans un autre monde. On se retrouve au milieu d’une famille de brebis qui attendent l’arrivée du loup-noël. Le loup-noël, d’après la mère (une biquette donc) du personnage principal. Sauf que mami Hilda ne cesse de lui répéter qu’il est méchant. C’est finalement de l’anthropomorphisme où l’on découvre un drame, pire encore, celle qui sait se tais !

Un Noël acidulé est ma nouvelle préférée, je la trouve génialement bien écrite. C’est une mise en scène de l’hypocrisie familiale qui se réuni en ce réveillon de Noël (du moins je l’ai vu comme ça), autour d’un buffet sanglant et le tout écrit avec le chant lexical de la gourmandise. Elle est vraiment excellemment bien écrite et décrit à la perfection ces repas de familles faux-culs. J’ai ultra adoré ce rituel morbide que s’adonne fille pour attirer le père Noël. Voici un extrait :

« Réunis à table, ils rient, s’embrassent et s’entremêlent. Un monde d’illusions et de mensonges au goût de pomme d’amour gangrénée par les vers. Leurs bavardages au coulis de fraises ne sont que sauce béchamel et fromage puant. Ils se méprisent sans se l’avouer. La rancœur les ronge. Ils s’étouffent dans une façade de bonbons acidulés. Il faut s’aimer, c’est Noël.

Maman garde un sourire dragée. Elle veut voir les entrailles de Tante Etty à la place de la dinde de Noël fourrée au miel. Cette femme à la peau meringue réussie tout ce que maman rate dans vie. Elle est son démon de minuit, son miroir aux alouettes.

Papa sait que tonton Charlie fait miauler maman comme un chat qui lape son lait chaud. Ils font des choses sales quand papa a le dos tourné. Il doit avoir des yeux dans le dos, car il n’est pas dupe. Ils se dévisagent en espérant que l’autre soit le premier à passer sous les rails d’un train de chocolat amer.

Cousine Camille pleure. Elle n’aime pas sa robe en pâte d’amande. Ses caprices et espiègleries ont raison de la patience de sa mère. Tante Agathe se met à hurler en crachant à tout va des morceaux de gâteau à la cerise. »

Précious et le miracle de Noël m’a fait encore plus comprendre pourquoi je n’aime pas Noël. Outre le fait que je ne fête pas Noël, j’en ai rien à branler, les fêtes chrétiennes c’est très peu pour moi (étant anti-religions) et en plus je n’attends pas Noël pour offrir des cadeaux ! Mais finalement, il y a pas que ça qui me dégoûte dans Noël, et cette nouvelle (en plus de Un Noël Acidulé) décrit bien le fond de ma pensée !

On se retrouve donc au côté de Précious, qui joue le « père Noël » et décide d’offrir des cadeaux empoisonnés, pas aux enfants mais aux adultes qui sous prétexte de la magie de Noël, cautionnent les pires atrocités. Quelle belle illusion, Noël !

D’ailleurs un extrait vaut mieux qu’un long discours.

« J’entends les cloches de la messe de minuit. Quelques chants et louanges s’évaporent dans la brume hivernale. Je me demande quel petit garçon va regretter sa rencontre avec monseigneur Jean. Sûrement Joselin. Monseigneur Jean le regarde étrangement ces derniers temps. Madame Myrtel, lui offrira son unique enfant sur un plateau en échange d’une promesse au paradis. Le chemin vers le paradis est jonché d’épreuves, seule la foi vous guidera. C’est son sermon habituel pour les endormir dans la docilité.

Je me demande ce qu’en penserait le père Noël de tout cela. Si quelqu’un avait pensé à le créer. Ce crétin de Dieu a mis sept jours pour créer l’univers. Sept jours de miracles inutiles et d’erreurs sur ses créations. Pas un papa Noël pour les petits enfants à l’horizon. Juste des sorcières, des loups déguisés en angelot, des pédophiles en soutanes, des diablotins en culottes courtes.

Qu’importe, Noël a toujours eu lieu. Nous endormir sous les vapeurs d’illusions. Un monde d’Alice aux pays des merveilles, l’espace d’une nuit. Rendre les petits enfants sages et dociles toute l’année. Tu verras, si tu es sage et tu fais ce que les adultes te demandent, tu auras plein de cadeaux de toutes les couleurs. Alors, on se laisse violer, battre, humilier, punir au cachot. Le père Noël nous récompensera, c’est certain. Pas de rébellion et plein de joujoux. »

Enfin, ce recueil se termine avec Le père Noël et le musée des illusions, qui termine la nouvelle précédente et clos ce recueil. Une nouvelle bien plus courte que les précédentes où l’on découvre un Père Noël morose, qui ne croit plus aux enfants.

Au final, s’il y a un recueil de nouvelle à lire pour ces fêtes de fin d’année (même à n’importe qu’elle moment) c’est Le père Noël est mort de Nolween Eawy ! Sa plume est à la fois grinçante et génialissime. J’ai lu d’une traite ce recueil sur l’univers et l’esprit de Noël vu par l’auteur. Ne vous privez surtout pas de ces 50 pages (4 nouvelles, toutes aussi bonnes les unes que les autres) sur la réalité de Noël. D’ailleurs, l’ebook est disponible sous différents formats (epub, kindle etc) et sans DRM pour 1,49euros !

[Livre] Le père Noël est une ordure de Josiane Balasko

Il me semble avoir vu le film ou pièce de théâtre, Le père Noël est une ordure de Josiane Balasko. Du coup, j’en ai profité pour lire la pièce de théâtre et à l’occasion de la regarder.

Je n’ai pas pour habitude de lire des pièces de théâtre, mais j’en ai quelque une en stock que je lirais prochainement, et Le père Noël est une ordure en fait parti. Je ne suis donc pas très habitué à ce format, mais en fait je m’y suis très vite faite. Puis c’est finalement sympa d’avoir des informations minimalistes sur la scène et ce qui s’y passe, ça m’a permis d’imaginer et de mettre en scène moi-même la pièce, c’est finalement pas mal pour le côté imaginatif.

Sinon, ça se passe le soir de Noël, à la permanence de Détresse-Amitié où Mortez et Thérése répondent aux appels de désespérés. Qu’en retrouve, en plus de Thérése et Mortez, des personnages, un peu sorti de nulle part (un travesti malheureux, une idiote enceinte, le voisin yougoslave et le père Noël) s’invite à la permanence ! Quiproquos et malentendus seront présents au réveillon.

C’est une pièce vraiment très drôle avec de bonnes répliques bien culte « Je t’encule Thérèse, je te prends, je te retourne contre le mur, je te baise par tous les trous, je te défonce, tu me suces… ». C’est une sorte de succession de tragi-comédie qui m’a bien faite rire. Comme quoi, on peut rire des dépressifs et des suicidaires. Par contre, le milieu de la pièce m’a tout de même ennuyée. Lorsque Félix essaye de prendre en otage tout le monde. Toute cette partie ne m’a pas vraiment faite rire, hormis deux, trois comiques de situation. J’ai donc vraiment adoré tout le début et toute la fin. Quoi qu’il en soit, ce fût une lecture bien sympathique et rapide (108 pages) et je compte bien (re)voir la pièce de théâtre !