Il ne me semble pas vous avoir parlé du labo, comment je l’avais trouvé et dans les conditions dans lesquelles je travaille, ou alors extrêmement vaguement. Si déjà je passe mon temps à vous raconter ma vie, autant aller jusqu’au bout.
Je fais partie de ce qui disent « avoir de la moule c’est cool mais faut-il encore la chercher » (expression qui vient tout juste de pondre sans réfléchir). Mais en fait cette expression résume bien ma vie.
Parmi la promo de neurosciences (les 2 parcours confondus), on était que 3 à partir à l’étranger sur une 30ène. Deux en Suisse (quand on habite l’Alsace, ce n’est pas non plus le bout du monde) et moi en Finlande (d’après ce panneau c’est à 2000 km de Strasbourg, pas si loin que ça en fait). Beaucoup de raison m’ont poussé à partir. J’ai toujours voulu découvrir un autre pays notamment la Finlande et surtout vivre ailleurs, autre chose, me dépayser, bien que j’aime beaucoup Illkirch. Mais j’ai aussi assurée mes arrières. Très peu de bourse de thèse sont attribuées (sur les 20 attribuées, cette années, un tiers ont été décroché par la promo de neurosciences, bravo les gars
) et me connaissance et surtout connaissance mon comportement à l’oral, j’étais loin d’avoir mes chances d’en décrocher une. Bref, plus tôt que galérer à trouver un labo en fin de master, j’ai fait ça durant la première année de master pour mon stage de 5 mois en deuxième année.
C’est là que l’expression « avoir de la moule c’est cool mais faut-il encore la chercher » va prendre tout son sens, vous allez voir.
Je voulais cibler un labo qui étudie la douleur et un labo en Finlande (voir en Suède). Quelques jours avant mes recherches de labo répondant à ces critères, j’avais fait corriger mon CV et lettre de motivation par une prof d’anglais du CRL de la fac.
Google c’est mon meilleur ami, grâce à lui j’avais trouvé un premier labo dans une ville au nord de la Finlande, motivée j’ai envoyé un CV par email au directeur du labo.
Le lendemain soir, je tombais sur plusieurs laboratoires en lien avec la douleur sur Helsinki, dont un où la thématique me plaisait énormément. J’hésitais à envoyer mon CV, car pour être honnête ma motivation de recherche d’un stage à étranger avait bien baissée en une nuit. Je pense que les chances de trouver un labo à l’étranger sans passer par un référant, donc à quoi bon perdre son temps ? Du coup j’étais allée me coucher. Finalement, 10 minutes après je me lève, allume le PC et me décide à envoyer ce fameux CV en me disant « c’est le dernier que j’envoie de toute façon sans un chercheur pour faire l’intermédiaire, je n’ai aucune chance« .
Résultat des courses, je n’ai jamais eu de réponse du directeur de labo chez qui j’ai envoyé mon premier CV. Par contre 3 jours après l’envoie du 2ème, je reçois un mail du directeur en question, avec des excuses pour avoir mis autant de temps à répondre, (je rêve, le mec s’excuse d’avoir mis 3 jours à répondre) et me dit qu’il est intéressée par ma demande de stage dans son labo.
De fil en aiguille, enfin de mail en mail, ce stage s’est confirmé avec en prime un sujet de recherche que je dois pondre !
Vous comprenez maintenant pourquoi je dis que j’ai de la moule, 2 CV envoyé seulement et une réponse positive. Mais en même sans se lancer à l’eau, jamais je n’aurais pu trouver cette opportunité. Deuxième coup de bol, j’ai pondu moi même mon sujet, j’ai amené les idées et mon directeur était là pour m’aiguiller et me guider dans la réalisation du projet. Au départ c’était un amas d’idée et de possibilité pour au final se focaliser sur l’une d’elles, ainsi que des techniques les plus appropriées. Chose que je suis là seule a avoir fait dans ma promos où les autres ont du choisir une liste de sujet donnée et définie par par les directeurs de stage.
Pour continuer encore plus dans la moule, il n’y avait pas d’échange erasmus univ d’Helsinki-univ de Strabourg. Du coup, j’étais allée voir le coordinateur erasmus lui expliquant mon cas. Il était ok pour ouvrir cette échanger et mouleuse que je suis, il a signé l’accord le jour (ou veille) de la deadline.
Enfin, la moule vraiment énorme, j’ai un directeur génial qui durant tout mon stage m’a prise pour une « chercheur en devenir » et non comme de la main d’œuvre gratuite. J’avais les horaires que je voulais. Du coup je venais vers 13h (Ne JAMAIS me réveiller le matin !!!), par contre je finissais tard, mais au moins c’était en accord avec mon rythme biologique. A cela s’ajoute, l’entière confiance, la possibilité de gérer entièrement mes recherches et surtout la possibilité d’écrire un article scientifique (avec mon anglais merdique -_-, bon il l’a corrigé hein) en soumission (d’ailleurs ils font quoi ?) et accessoirement je bossais sans blouse ni gant… (oui je sais c’est gore de retirer un cerveau sans gant)
Pour finir et malgré mon niveau d’anglais très bas, il a accepté de me prendre en thèse.
J’avais signé pour 5 mois, me voila embarquée dans une thèse et donc plusieurs années dans ce labo que j’apprécie beaucoup et dans une ville que j’aime
Helran, grande mouleuse mais qui va la chercher