Qu'en est-il des vulgarisations sur le sexe oral et les cancers du larynx

Avant d’entrer dans le vif du sujet, voici une photo en guise d’introduction que j’ai prise en rentrant du labo :

Oui, ce billet traitera de fellation et autre « oral sex ». Où plutôt, la correction de certain article de vulgarisation voir pire, d’article écrit au lance-pierre qui fait choc/sensationnelle juste histoire de faire vendre. C’est soit faux, soit du gros n’importe quoi, soit les chiffres pour une même étude diffère d’un journal à l’autre et très souvent cela entraine des commentaires tout aussi pourri que l’article et donc une mauvaise compréhension du sujet en question.

Vous avez celui de 7sur7, des news de Yahoo, celui de cyberpress ou celui de Radio-Canada, et surement d’autre, mais je ne vais pas tous les faire non plus, puis généralement c’est du copier-coller!

Qui a écrit le papier :
1- Le papier en question est celui ci :
Mehanna H, Jones TM, Gregoire V, Ang KK, Oropharyngeal carcinoma related to human papillomavirus., BMJ. 2010 Mar 25;340:c1439.

2- L’auteur principal est subventionné par le labo qui créait des vaccins contre le papillomavirus. En gros, pour réussir à financer ces recherches, elle est aller mendier de l’argent à un labo qui est en corrélation directe avec son sujet. Mais avant de critiquer ça, il faut aller voir les autres études, non subventionné par des labos, pour voir ce qu’il en est réellement.

Que dit réellement le papier :

Je ne sais pas si vous avez accès au papier, mais ce n’est pas une étude en tant que tel, mais un papier court qui résume quelques données actuelles. Le premier paragraphe dit en gros que les carcinomes oropharingyal ont augmenter dans le monde (elle cite une étude faite sur la population UK). Dans le deuxième paragraphe, elle dit que cela semble être lié au papillomavirus humain (HPV) (elle site deux études faites aux US et en Suèdes, où il y a présence de ce HPV dans des biopsis de cancers oropharingiales) puis elle dit qu’il faudrait en faire d’autre pour voir si dans les autres continents ce cancer est aussi lié à ce virus. Dans le troisième chapitre elle dit que le cancer oropharingyal causé par le HPV est bien distinct/différent du cancer oropharingyal non dépendant du HPV (Elle cite des articles liés à des taux de survis différent chez ces deux types de cancer, donc les pronostiques sont meilleurs chez ce ayant le cancer causé par le HPV).

Viens ensuite le paragraphe sur le sexe oral :
« Sexual transmission of HPV—primarily through orogenital intercourse might be the reason for the increase in incidence of HPV related oropharyngeal carcinoma. A pooled analysis of eight multinational observational studies that compared 5642 cases of head and neck cancer with 6069 controls found that the risk of developing oropharyngeal carcinoma was associated with a history of six or more lifetime sexual partners (odds ratio 1.25, 95% confidence interval 1.01 to 1.54), four or more lifetime oral sex partners (3.36, 1.32 to 8.53), and—for men—an earlier age at first sexual intercourse (2.36, 1.37 to 5.05).10 »

En gros, la transmission sexuel du HPV, principalement via des pratiques orogenital, peut être la raison de l’augmentation du cancer oropharyngial causé par le HPV. Puis elle site un article de 2009 d’un groupe français en collaboration avec plusieurs pays qui me semble très intéressant mais donc malheureusement je n’ai pas accès. Je pense d’ailleurs que c’est CE papier qui aurait du être pris comme source de vulgarisation que celui de Mehanna.

Dans le paragraphe suivant, elle dit que pour le moment les campagnes de vaccination du HPV sont uniquement pour les femmes. Puis critique une étude (de Kim et al. 2009) qui a été faite, disant qu’ajouter les hommes dans cette campagne de vaccination serait plus coûteuse aux U.S. qu’utile, en citant un article de Sturgis et al. 2009. Ce dernier affirme que dans l’article de Kim et al. 2009, les données, sur la prévalence de ce type de cancer, utilisées sont les données mondiales et qu’en aucun cas cela n’est représentatif des réelles chiffres des U.S. qui par ailleurs sont bien plus élevés et connaissent une récent progression importante. En gros, ils râlent car pour pour eux, faire une étude sur les U.S. en utilisant des données mondiales n’est pas très représentatif. Du coup, Mehanna conclue qu’au vu de la forte progression de ce type de cancer, le rapport coût/efficacité serait inverser et donc les campagnes de vaccination chez le garçons avant qu’il deviennent sexuellement actif serait très efficace.

Enfin, elle dit qu’il faudrait dépister le type de cancer oropharingyal (HPV ou non HPV). Mais dû au manque de donnée sur la prise en charge/traitement adéquate des cancéreux oropharingyal à HPV et des non HPV, elle suggère de continuer à garder les traitements actuelles pour les deux en attendant de trouver des tests cliniques appropriés.

Les autres sources scientifiques :

Comme dit précédemment, l’étude de Mehanna est un résumé de ce qui a été fait actuellement. Elle n’a donc rien découvert mais mais résumé quelques articles sur les cancers oropharingyal causé par le papillomavirus humain (HPV) : l’augmentation de ce type de cancer au court des années pourrait être lié au pratique sexuel oral. Je ne vais pas réciter toutes ces sources, elles sont dans son article.

Cependant, il est très intéressant d’aller voir les commentaires de son article fait par d’autre scientifiques. Plusieurs scientifiques sans lien avec des compagnies pharmaceutiques, sont en accord avec Mehanna, preuves (articles et données) à l’appuie et pense qu’il faut en effet reconsidérer les campagnes de vaccination en y incluant les jeunes garçons.

De plus, si vous tappez « oropharyngeal carcinoma papillomavirus » dans pubmed, vous tomberez sur plusieurs articles récents (et vieux) qui traitent du sujet (je ne suis pas aller les lires) : ici, l’étude de l’équipe française sur les pratiques sexuelles et ce type de cancer, ici, pour avoir des informations sur la détection de ce type de cancer, etc…

Les erreurs dans les versions vulgarisées :

Sur 7sur7, je cite:
« Le British Medical Journal a récemment rapporté que le sexe oral pouvait jouer un rôle dans la hausse soudaine des cancers du cou chez les jeunes. Plus vous descendez à la cave, plus vous êtes susceptibles d’avoir un cancer ».

Outre le fait que je déteste ce genre d’article choc/sensationnel, ce genre d’article est généralement bourré de faute et exempte des infos/idées intéressantes et utiles. Donc non seulement à aucun moment il parle du HPV, qui LUI est la cause du cancer, mais en plus ils disent que c’est des cancers du cou, ce qui en soit est pas totalement, car justement la plus part des cancers du cou et de la tête sont en déclins aux files des années, mais que seul quelques uns (les cancers oropharingiales/oropharynx et adenocarcinoma oesophagus). Je veux bien que ce soit de la vulgarisation, mais un peut de précision, de justesse et surtout ne pas oublié l’information la plus importante (cause : virus HPV) aurait été le minimum syndicale.

Sur Cyberpress et bien vulgarisé. Non seulement la source exacte est donnée en fin d’article mais aussi le texte est clair est possède les infos essentiels. Article court, simple et qui va à l’essentiel.

Sur News de Yahoo et Radio-canada : C’est grosso-modo du copier coller de part en part. Le principal et grosse erreurs et de dire « Le Dr Mehanna a montré que le risque de développer un cancer de l’oropharynx augmentait de 25 % chez les personnes qui avaient eu six partenaires sexuels et plus ». Euh non ce n’est pas elle qui l’a montré mais elle utilise cette info pour annoncer qu’il faudrait songeait à revoir la politique de vaccination. Pour le reste de l’article, cela me semble correcte et bien vulgarisé et le titre n’est pas aguicheur (je n’ai cependant pas vérifié l’exactitude des chiffres). Qui à pompé l’autre (jeu de mot inside) ? De qui l’ont ils pompé ? Bref, du copier/coller pour pas changer !

Pour finir et en conclusion : 1- Les articles parlent bien d’augmentation des risques. L’ensemble des données disent que cela augmente les risques qui sont du à la transmission du HPV. 2- La vulgarisation scientifique ce n’est pas encore ça pour certain, d’autre ne se foulent même pas et pompe et d’autre s’en tire pas trop mal. Encore une fois tout dépend qui le vulgarise. 3- Lorsqu’un résumé d’article (cf celui de Mehanna, car ce n’est pas une étude proprement dite) est fait par quelqu’un lié à un labo pharmaceutique, il faut aller vérifier les sources données et d’autre, histoire de vérifier le faits et que les sources cités proviennent de laboratoires différents dans le monde / non liés à des labos pharmaceutiques, ce qui semble être le cas dans les sources citées par Mehanna. Donc avant de crier : l’auteur est lié à un labo donc ça va faire comme la pandémie type H1n1 donc complot labo pharmaceutique dans la même phrase donc c’est de la merde ce qu’elle a écrit et ça n’a aucune valeur réelle, comme j’ai pu le lire dans certain (la plus part) des commentaires. Il faudrait peut être aller lire de quoi ça parle réellement et les sources liées ! 4- N’oubliez pas de sortir couvert !!!

Pour rappel, j’avais déjà écrit un article dans le même genre mais sur un autre article vulgarisé.

Helran

L’expérimentation animale

@Playmogeek c’est ma muse scientifique 🙂 Il me passe des liens en rapport de loin ou de près avec les sciences que je commente sur twitter et en final j’en écrit un billet sur ce blog, car 140 caractères c’est quand même court.

Aujourd’hui il m’a envoyait le lien du comité pro anima (anti vivisectioniste) qui apportent des arguments que je trouve contestable.

Ce qu’il faut savoir, c’est que lorsque l’on fait de la recherche sur des animaux vivants, dans mon cas le rat, on est soumis à une autorité éthique et à des règles éthiques. On ne fait pas n’importe quoi, n’importe comment avec des animaux et encore heureux. Bien que j’utilise des rats et qu’en plus j’étudie la douleur, je peux vous assurez que je ne maltraite et ne torture pas mes rats bien au contraire. Mon directeur de labo et mes collègues sont d’ailleurs étonnés de voir à quel point j’ai un sens éthique développé. Ils sont aussi étonnés à chaque fois de voir à quel point je manipule mes animaux avec soin.

Un cas très flagrant concerne l’insertion de la seringue dans la canule (implantée dans le cerveau du rat). Mes rats sont tellement habitués à moi, que j’insère la seringue à une seule main. Avec ma deuxième main, j’ai les doigts posés sur l’animal mais je ne sert pas, c’est réellement juste posé ou caressé, ces rats ne sont pas stressés. Je les pose sur la table et prépare ma seringue. Aucun ne cours se cacher, aucun n’est pétrifié, ils gardent leurs curiosité. Puis vient la manipulation, ils sont habitués, ils savent que lorsque ma main gauche est posé sur leur dos c’est que je vais injecter la substance (avec ma main droite) et donc ils arrêtent de bouger, dès que j’enlève ma main gauche, ils redeviennent curieux et sniff les alentours.

Voila comment je traite mes rats ! Mon directeur on voyant ça m’a dit « Ah bah avec toi, le facteur stress est absent ».

Bref, tout ça pour vous expliquer que ce n’est pas parce que l’on fait de l’expérimentation animale qu’on est cruel et sanguinaire !!!

A vrai dire je voulais surtout vous parlez des différents points qu’aborde le site web sus-mentionné. Il y a évidement des choses indéniables, un rat n’est pas un être humain mais c’est tout de même un mammifère. Donc certes certaines molécules qui ont un effet donnée sur le rat ne l’aura pas ou aura un différent chez l’être humain. Mais ce n’est pas non plus toujours le cas contrairement à ce que laisse penser ce site. De tout ça il en résulte qu’un modèle animale n’est évidement pas parfait et ne peux jamais reproduire tous les aspects d’une pathologie donnée, mais des critères sont obligatoires pour valider un modèle afin qu’il soit le plus proche de la pathologie humaine, mais je ne m’attarderais pas sur ces critères.

Ensuite, ils parlent de moyen pour remplacer l’animal. C’est l’un des principes de la règles des 3 R (réduire, raffiner, remplacer) en éthique. Favoriser le modèle mathématique puis les cellules puis l’animal en entier quand il n’y a pas le choix. Le problème lorsque l’on fait des neurosciences et qu’on aborde l’aspect intégré (exemple la douleur, la dépression, la schizophrénie, l’addiction etc), l’animal dans son entier est nécessaire et obligatoire. Si on se base sur les neurosciences, il parle de technique d’imagerie comme l’IRM ou le PET, alors oui cela est non invasif et apporte des données, mais en aucun cas nous explique comment un mécanisme fonctionne.

Dernier point, il parle d’utiliser l’homme (en faisant référence au technique d’imagerie ou d’analyse chimique) ou des cellules humaines en cultures. Encore une fois le problème de l’in vitro ce pose, car une cellule isolé répond d’une façon à une drogue mais pas forcement de la même manière lors qu’elle est dans un tissu, dans un organe, dans un corps entier. Puis encore une fois, dans le cas d’étude et de perspective thérapeutique dans certain domaine des neurosciences, pour étudier une pathologie ou l’effet d’une substance, il nous faut insérer des électrodes, des canules, stimuler des neurones etc. Doit-on utiliser l’humain ? Sachant que pour valider les travaux il faut vérifier que l’électrode et la canule soient placées au bonne endroit, je vous laisse donc deviner la finalité.

En conclusion dans certain domaine scientifique on ne peux se passer de l’expérimentation animal, c’est nécessaire, indispensable et obligatoire. C’est à nous de prendre soin de nos animaux et de tout faire pour qu’ils ne souffrent pas, d’ailleurs, un animal de laboratoire, en tout cas les miens, ne souffre pas. Enfin, le site, n’arrête pas de dire qu’une molécule donnée ne fait absolument pas la même chose d’une espèce à l’autre, ce qui est assez faux. Certes dans certain cas mais pas dans tous. Exemple les antidépresseurs, les antidouleurs etc.

Helran