Je me suis dit qu’il fallait bien à un moment donné que je vous parle de la douleur, vu que c’est mon sujet de thèse.
Je n’ai pas envie d’entrer dans les détails, c’est long et c’est chiant (enfin pas pour moi, mais je suppose que vous parler des détails va vous ennuyer) mais je voulais juste vous parle vite fait de ce que c’est exactement et de la différence entre la nociception et la douleur.
La nociception
La nociception fait partie de nos neufs sens (oui on en a neuf : nociception, thermoception, tact, goût, vision, odora, ouïe, la proprioception et equilibrioception).
En gros, la nociception, c’est l’ensemble des mécanismes nerveux qui codent un stimulus nocif. Depuis la détection de stimulus via les nocicepteurs (récepteur sur les nefs qui codent pour les stimuli nocifs) à sa transmission au système nerveux centrale où il est perçu comme étant douloureux et implique des mécanismes complexes liés à la douleur.
Qu’est-ce qu’un stimulus nocif ?
Il y a trois types de stimulus nocifs : thermique (chaud / froid), mécanique (pincement par exemple) et chimique (la capsaïcine qu’on retrouve dans le chili par exemple).
Ces stimuli nocifs pour le corps et son homéostasie vont prévenir qu’il y a un dommage ou potentiel dommage et qu’il faut vite agir. Ils sont donc extrêmement importants. Sans quoi on se bruler au troisième degré sans le savoir ou bien on ne se rendrait pas compte qu’on a un os broyait.
D’ailleurs, il existe des personnes atteintes d’insensibilité à la douleur, c’est une maladie congénitale et ces personnes ne se rendent pas compte lorsqu’un stimulus nocif est détecté par leur nocicepteur. Durant un painschool, on avait pu voir une vidéo d’un témoignage d’une famille dont plusieurs des membres étaient atteints de cette maladie. L’une des filles disait qu’elle s’était gravement bruler le dos sans le savoir alors qu’elle était adossée sur le radiateur. C’est un exemple parmi tant d’autre.
On trouve énormément d’exemple dans la vie de tous les jours. On a tous eu le réflexe de retirer sa main en touchant une ampoule trop chaude par exemple (marche aussi avec la tasse de thé, un plat etc). Un autre exemple connu est le coup de soleil. Normalement on peut caresser et toucher notre peau sans problème, mais dans le cas d’un coup de soleil, un moindre frôlement devient douloureux (on appelle ça une allodynie = un stimulus normalement non douloureux est douloureux) pour laisser le temps de guérir correctement.
Et la douleur dans tout ça ?
Voici la définition officielle de la douleur d’après l’IASP (International Association for the Study of Pain) : « la douleur est une expérience sensorielle et émotionnelle désagréable, liée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle, ou décrite en termes d’une telle lésion. »
La douleur est un mécanisme très complexe, cette perception de la douleur est spécifique à chacun car elle implique le vécu passé lié à la douleur, un aspect socio-culturel, l’état de la personne (stress, dépression, anxiété etc) etc, en plus de l’aspect sensoriel et émotionnel.
Les douleurs
Les douleurs aiguës sont normales comme je l’ai dit plutôt elles permettent de mettre en alerte d’un danger et elles disparaissent dès que le danger n’est plus présent ou guérit (ex : une brulure, une coupure, coup de soleil etc). Cela nous permet de stopper le danger et éviter de se retrouver ou refaire la même situation de danger (Exemple simple : sortir un plateau du four alors qu’il vient juste d’être cuit à main nue, ce n’est pas une bonne idée, faite la une fois et vous ne le referez plus, vous prendre des gants la prochaine fois)
Le problème concerne les douleurs chroniques, celle qui sont présentes durant au moins 6 mois car non seulement elles deviennent invalidantes mais elles peuvent aussi entraîner des comorbidités comme douleur-dépression etc.
Il y a plusieurs types de douleurs, en gros :
Douleurs nociceptives, elles sont dues à l’activation des nocicepteurs thermique, mécanique ou/et chimiques (j’en ai parlé au début). Douleurs neuropathiques (celle dont je fais ma thèse), qui sont dues à une lésion du système nerveux. Douleurs psychogènes, qui sont des douleurs psychologiques, aucun tissu n’est endommagé, mais la douleur est réellement présente.
Nociception sans douleur et vice et versa ?
On peut très bien activer le système nociceptif à l’aide d’un stimulus nocif, mais ne pas le percevoir comme douloureux. L’exemple le plus simple et commun est l’anesthésie. Quelle soit locale ou générales, vous ne percevez aucune douleur alors que le docteur trifouille dans votre bras avec son bistouri. Un autre exemple concerne l’attention focalisée, en vous focalisant sur quelque chose, vous percevrez moins voir pas du tout une coupure ou brûlure par exemple. Exemple : vous allez à un concert, en plein dans la fosse vous sautez dans tous les sens, prenez plein de plaisir à voir votre groupe favori headbanger et sans faire exprès vous vous coupez, sauf que vous ne vous en rendez pas compte vous êtes tellement dans le concert (d’ailleurs, il n’y a pas que l’attention focalisée ici, il y a aussi la notion de plaisir), une fois le concert fini, vous êtes dehors et voyez votre coude ouvert en sang, rien de grave mais ça commence à faire mal.
L’inverse existe aussi et ce sont les douleurs psychogènes, la douleur est présente alors qu’il n’y a aucune stimulus nocif ou lésion. Je n’entrerais pas dans ce sujet, car je ne le connais pas et il est complexe, comme la douleur l’est, mais ces douleurs sont réellement perçues.
Oui mais un plat épicé c’est super bon !
Grand mystère de la nature ?! Pourquoi certains d’entre nous aiment les plats épicés alors que la capsaïcine (qu’on retrouve dans le piment) active des récepteurs spécifique à la douleur (d’où sensation de brulure, vue qu’ils sont aussi activé par des températures chaudes nocives). Normalement, on devrait les éviter ?! Ah, je n’ai aucune réponse à cette question pertinente.
Ça c’est l’aspect socio-culturel. Certain pays aiment manger très épicés et dans d’autre pas du tout. Certaines personnes trouvent qu’un plat est trop épicé alors que ce même plat ne l’est pas spécialement (pas très fort ou très bon) pour une autre. C’est un exemple qui vous montre que la douleur est un phénomène aux mécanismes très complexe et qui impliquent l’aspect socio-culturel.
Petite anecdote, le chef de mon restaurant indien préféré à Helsinki, nous a dit que ses plats « hot » sont adaptés à la culture finlandaise, en gros, ils ne sont pas très épicés. Ils mettent peu de piment sinon les gens vont râler, car « ça pique trop, c’est trop fort etc ». Mon ami, qui adore les plats pimentés, alors qu’il est finlandais, a justement demandé à ce qu’ils soient vraiment « hot ». Le chef, lui a fait un équivalent du « medium hot » d’Inde et d’après la tête de mon ami et ces dires, ça n’a rien à voir avec l’équivalent du « medium ou même extra hot » finlandais. Comme quoi, l’appréciation d’un plat très épicé est subjective et dépend de pas mal de facteur socio-culturel en plus de l’habitation à manger épicer etc.
Et les fakirs ?
Sujet que je ne connais pas, donc encore une fois, je n’entre pas dans les détails, surtout qu’il y a un côté social/religieux très fort si j’ai bien compris. Sans parler des fakirs, ça me rappelle le « circus of pain » que j’ai vu à Helsinki. Des types qui se faisaient mal volontairement pour amuser le publique. Insertion d’aiguille dans la peau, s’auto-agrafer la tête ou le dos de son pote, porté de marteau avec le pénis, enfin vous voyez le genre. Ici, on revient sur l’attention focalisée sur quelques choses de spécifique qui fait que la douleur est moins perçue voir pas du tout et en plus, il y a l’aspect plaisir à jouer sur scène à voir le publique s’amuser et sans parler du stress/trac. La douleur est réduite.
Les sadomasochistes alors ?
J’ai prévu d’aller lire ce qui se trame dans les publications scientifiques en rapport, s’il y en, et j’en ferais un billet ici prochainement. Le plaisir module la douleur et vice et versa mais dans ce cas, ces personnes prennent plaisir à la douleur. En même temps, on prend bien plaisir, enfin certain d’entre nous, à manger épicé alors que c’est aussi un stimulus douloureux. Malheureusement, je ne connais pas de sadomasochiste pour avoir un point de vue personnel et je ne connais pas ce sujet, mais je vais me renseigner. Si vous l’êtes, n’hésitez pas à en parler en commentaire.
Voilà, je pense avoir fait le tour sur le sujet de la douleur. Si j’ai oublié des trucs, je les rajouterais à ce article.